Michael Bloomberg dans la course à la Maison-Blanche

Très actif dans la lutte contre les changements climatiques, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, Michael Bloomberg avait annoncé en mars qu’il renonçait à se présenter pour, entre autres, ne pas saper les chances de M. Biden.
Photo: John Locher Associated Press Très actif dans la lutte contre les changements climatiques, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, Michael Bloomberg avait annoncé en mars qu’il renonçait à se présenter pour, entre autres, ne pas saper les chances de M. Biden.

Le milliardaire et ex-maire de New York Michael Bloomberg s’est lancé dimanche dans la course à la Maison-Blanche, relançant avec sa candidature la compétition déjà serrée pour l’investiture démocrate.

« Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l’Amérique », a déclaré sur son site Internet l’homme d’affaires de 77 ans, qui avait ouvertement multiplié ces dernières semaines les préparatifs à son entrée en campagne.

Son immense fortune acquise dans l’information financière — quelque 50 milliards $US — fait de lui un prétendant apte à chambouler la course, encore très ouverte avec 18 candidats prêts à défier le président républicain en 2020.

« Nous ne pouvons pas nous permettre quatre années supplémentaires d’actions immorales et irréfléchies de la part de Donald Trump », a justifié M. Bloomberg dimanche.

« Il représente une menace existentielle pour notre pays et nos valeurs. S’il remporte un nouveau mandat, nous pourrions ne jamais nous en remettre », a ajouté le responsable à la tête de la métropole de New York de 2002 à 2013.

Quatre septuagénaires en lice

L’entrée en piste de M. Bloomberg ne manquera pas de relancer les interrogations sur l’âge avancé des candidats, avec désormais quatre septuagénaires en lice pour déloger Donald Trump, 73 ans.

L’ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, mène la course devant les progressistes Elizabeth Warren, 70 ans, et Bernie Sanders, 78 ans, avec le maire Pete Buttigieg, 37 ans, en quatrième position, selon les sondages nationaux.

M. Bloomberg fait le calcul qu’il peut percer entre Mme Warren et M. Sanders, jugés bien trop à gauche par une partie de l’électorat démocrate, et M. Biden, affaibli par des interrogations sur son état physique et happé par l’affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure en destitution.

L’entrée en course de M. Bloomberg n’a pas suscité de réaction immédiate de Donald Trump qui s’est contenté de retweeter des critiques de sympathisants républicains contre l’ex-maire de New York.

Le président américain avait réagi avec dédain à une possible candidature de Michael Bloomberg début novembre. « Le petit Michael échouera », avait-il assuré en référence à la taille du milliardaire, environ 1,70 m. « Je pense qu’il va en fait nuire à Biden », avait-il ajouté.

Très actif dans la lutte contre les changements climatiques, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, Michael Bloomberg avait annoncé en mars qu’il renonçait à se présenter pour, entre autres, ne pas saper les chances de M. Biden.

Son revirement apparaîtrait donc comme un signal clair qu’il doute sérieusement des chances de ce dernier.

La couverture médiatique

Sa candidature représente par ailleurs un casse-tête déontologique pour son agence de presse, qui a annoncé qu’elle couvrirait la campagne de son patron, mais qu’elle suspendait les éditoriaux non signés, qui reflétaient les opinions du milliardaire américain.

Fondée en 1990, l’agence Bloomberg News, c’est 2400 journalistes, un fil d’actualités, des magazines, une station de radio, des balados, une chaîne de télévision, et une couverture exhaustive de l’actualité politique, avec notamment six journalistes affectés à la Maison-Blanche.

« Aucun autre candidat à la présidentielle n’a jamais possédé un organe de presse de cette taille », a indiqué le rédacteur en chef John Micklethwait dans une note, reconnaissant que cela « ne serait pas facile pour la rédaction ».

Questionnée sur la chaîne ABC, la conseillère de la Maison-Blanche Kellyanne Conway a jugé que l’entrée de M. Bloomberg dans la course montrait que les candidats du camp démocrate sont « décevants ».

Sur la même chaîne, la candidate démocrate Amy Klobuchar a estimé que les gens « veulent quelqu’un de différent » : « Je ne suis pas sûre que la carte à jouer soit celle de “ j’ai plus d’argent que le type à la Maison-Blanche ”».

Neuvième fortune mondiale d’après Forbes, Mike Bloomberg a lancé dimanche une campagne de publicités télévisées de 31 millions de $US, un record jugé d’avance antidémocratique par le candidat socialiste Bernie Sanders.