Un proche d’Obama entre dans la course démocrate

L’ancien gouverneur de l’État américain du Massachusetts, Deval Patrick
Photo: Joseph Prezioso Agence France-Presse L’ancien gouverneur de l’État américain du Massachusetts, Deval Patrick

Comme s’il n’y en avait pas déjà beaucoup… Avec ses 17 aspirants à la Maison-Blanche dans la course, l’investiture démocrate en vue des élections de 2020 a pris encore plus de volume jeudi avec l’arrivée dans l’arène d’un candidat tardif : l’ancien gouverneur de l’État américain du Massachusetts, Deval Patrick.

Ce proche de Barack Obama, qui profite depuis des années des réseaux politiques de l’ancien président, espère arriver au sommet par le couloir du centre. Il appelle aussi à la reconstruction d’un « rêve américain », plus « durable » et « inclusif ».

« J’admire et respecte les candidats [dans la course], a indiqué l’homme de 63 ans dans une vidéo diffusée en ligne jeudi matin pour lancer sa candidature. Ils apportent une richesse d’idées et d’expérience, une profondeur qui me rend fier d’être démocrate. Mais si les principes des candidats sont l’enjeu à chaque élection, cette fois-ci, c’est du principe de notre pays dont il doit être question. »

 

 

La candidature de M. Patrick, qui a été l’un des premiers gouverneurs noirs des États-Unis, a été officiellement enregistrée au New Hampshire, État américain qui donne le coup d’envoi des Primaires et où les candidats ont jusqu’à ce vendredi pour se manifester. Elle intervient quelques jours à peine après que l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, a annoncé son intention de se lancer lui aussi sur le tard dans une course peu enlevante jusqu’à maintenant. L’ancien vice-président américain Joe Biden domine pour le moment, talonné dans les derniers sondages, par Elizabeth Warren, Bernie Sanders et Pete Buttigieg.

Qui est Deval Patrick ? Avocat multiforme qui a autant oeuvré pour les droits civiques que pour la pétrolière Texaco, Coca-Cola ou le géant des prêts hypothécaires à risque, Ameriquest, le politicien incarne le rêve américain qui l’a extrait du milieu pauvre de Chicago, d’où il provient, pour le conduire jusqu’à Harvard.

Il se lance dans la course en s’affichant ouvertement au centre de l’échiquier démocrate, avec un discours modéré, plus proche de celui de Biden, que de Warren et de Sanders. Mais il ne s’est pas privé pour attaquer l’ensemble de ses nouveaux compagnons de route. Selon lui, la campagne actuelle divise les forces entre les nostalgiques de l’Amérique d’avant Trump et les tenants de grands idéaux à prendre, sans autre option possible. « Rien de tout ça n’est en harmonie avec le moment présent », a-t-il estimé dans une entrevue au réseau CBS, pour lequel il agissait comme commentateur politique dans les derniers mois.

À quelques semaines des premiers votes, les primaires démocrates n’ont toujours pas scellé de destins politiques et attisent même de nouveaux intérêts.

Outre Michael Bloomberg, Hillary Clinton, a indiqué mardi faire l’objet d’« une énorme pression de beaucoup, beaucoup de personnes », pour se représenter, a-t-elle indiqué dans une entrevue à la BBC, sans plus de détails sur ses intentions.