Les audiences publiques sur la destitution de Trump débuteront le 13 novembre

Le président américain Donald Trump, lors d’un rassemblement partisan au Kentucky le 4 novembre dernier
Photo: Mandel Ngan Archives Agence France-Presse Le président américain Donald Trump, lors d’un rassemblement partisan au Kentucky le 4 novembre dernier

Les premières auditions publiques de témoins dans l’enquête en vue de destituer Donald Trump démarreront la semaine prochaine avec des diplomates, ont annoncé mercredi les élus démocrates, qui soupçonnent le président américain d’avoir abusé de ses pouvoirs dans l’affaire ukrainienne.

Avec ces auditions retransmises à la télévision, l’enquête pour constituer un dossier d’accusation (impeachment) contre M. Trump au Congrès entrera dans une nouvelle phase.

Ces diplomates pourraient offrir des témoignages publics embarrassants après avoir déjà été entendus à huis clos lors d’auditions-fleuves par les commissions qui mènent l’enquête à la Chambre des représentants.

« Ces auditions publiques seront l’occasion pour les Américains de jauger les témoins par eux-mêmes, de décider de la crédibilité des témoins, mais aussi de découvrir les informations de première main sur les méfaits du président », a déclaré à des journalistes le chef démocrate de la commission du Renseignement, Adam Schiff.

Dénonçant une « mascarade », la Maison-Blanche refuse de coopérer à l’enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière.

Les auditions débuteront le 13 novembre avec William Taylor, chargé d’affaires américain à Kiev, et George Kent, un haut responsable du département d’État spécialiste de l’Ukraine.

Les parlementaires entendront ensuite le 15 novembre l’ex-ambassadrice des États-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, que M. Trump avait critiquée lors de l’appel à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au cœur du dossier.

Les démocrates ont commencé à publier les comptes-rendus des premiers entretiens à huis clos. Celui de William Taylor est attendu mercredi.

Lors de son audition, le 11 octobre, Mme Yovanovitch avait indiqué s’être sentie menacée en découvrant le contenu de l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien.

Lors de cet échange téléphonique, le 25 juillet, M. Trump avait demandé à M. Zelensky d’enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter.

Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d’un « abus de pouvoir », les démocrates se sont engagés sur la voie périlleuse d’une procédure de destitution à la Chambre, où ils sont majoritaires. Les républicains détiennent la majorité au Sénat.

Au cours du même appel, M. Trump avait critiqué Mme Yovanovitch alors qu’elle avait été rappelée à Washington. « Il va lui arriver des choses », avait-il déclaré.

Le fils de Trump donne un nom au lanceur d’alerte

Donald Trump Junior a publié mercredi sur Twitter le nom d’un employé de la CIA présenté comme l’agent dont le témoignage a déclenché la procédure de destitution contre son père, au mépris des règles de protection des lanceurs d’alerte.

Le fils du président américain a reproduit une identité qui circule depuis la semaine dernière dans des médias proches de l’extrême droite, que l’AFP n’est pas en mesure de confirmer.

Dans son tweet, le fils de Donald Trump l’accuse d’avoir travaillé avec des « anti-Trump » et renvoie vers un article à charge du site d’informations de la droite radicale Breitbart.

« Donner n’importe quel nom au lanceur d’alerte place simplement cette personne et sa famille en danger », a réagi Andrew Bakaj, l’avocat de l’agent du renseignement qui a tiré la sonnette d’alarme après un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien.

Son client est un membre des services de renseignement qui a un temps été affecté à la Maison-Blanche. Cet été, il avait fait remonter les inquiétudes de plusieurs responsables après l’échange téléphonique du 25 juillet, dans lequel Donald Trump a demandé à Kiev d’enquêter sur son rival démocrate Joe Biden.

La révélation de son signalement a décidé les démocrates à amorcer, fin septembre, l’explosive procédure de destitution contre le président, qu’ils accusent d’avoir abusé de son pouvoir à des fins personnelles.