Barack Obama invite les Canadiens à appuyer Justin Trudeau

L’ex-président des États-Unis Barack Obama a publiquement exprimé son soutien à Justin Trudeau, mercredi, en invitant les Canadiens à lui accorder un nouveau mandat.

Sur son compte Twitter, Barack Obama déclare qu’il a été fier de travailler à ses côtés en tant que président américain. Il décrit le chef libéral comme un « dirigeant travaillant et efficace qui s’attaque à d’importants enjeux comme les changements climatiques ».

M. Obama ne s’est toutefois pas arrêté aux éloges : il a lancé un appel aux Canadiens pour qu’ils reportent au pouvoir le premier ministre sortant. « Le monde a besoin de son leadership progressiste en ce moment et j’espère que nos voisins du nord vont le soutenir pour un nouveau mandat », a-t-il écrit.

 

 

M. Trudeau n’a pas mis de temps à saluer cet appui. « Merci mon ami. Nous travaillons très fort pour que les choses continuent à progresser », a souligné le chef libéral.

Ce message d’encouragement de l’ex-président tombe à cinq jours du scrutin fédéral du 21 octobre, alors que les sondages placent libéraux et conservateurs au coude à coude dans les intentions de vote des Canadiens.

Il a fallu à peine plus d’une heure aux libéraux pour insérer le message de Barack Obama dans un courriel de collecte de fonds du parti envoyé directement à des donateurs potentiels. « Voici ce que Barack Obama avait à dire cet après-midi », lit-on dans la note, qui insère ensuite le message. Sur la page Facebook du Parti libéral, on a juxtaposé le message de M. Obama sur une photo où les deux hommes sont attablés dans une brasserie d’Ottawa, tout souriants, en bras de chemise.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, s’est dite étonnée de voir un ex-président américain se mêler ainsi de la politique canadienne. « Évidemment, on se souvient de la “bromance”, alors il y a cela, mais je crois qu’il est important que ce soit les Canadiens qui décident qui formera le gouvernement », a-t-elle déclaré à Victoria.

Ian Brodie, qui a été chef de cabinet du premier ministre conservateur Stephen Harper, a écrit sur Twitter : « J’attends une réponse de l’équipe de réaction rapide du gouvernement fédéral sur l’ingérence étrangère… ». Le chef conservateur Andrew Scheer, pour sa part, dit qu’il est trop occupé à faire campagne pour se soucier des commentaires de l’ex-président Obama.

« Je ne suis pas occupé avec les commentaires des anciens leaders de gouvernements étrangers. Je suis concentré sur cette campagne et de gagner lundi », a-t-il commenté en marge d’un événement mercredi soir.

Pas une première

Il ne s’agit pas de la première sortie publique de Barack Obama pour appuyer des dirigeants étrangers en période électorale, rapporte le « Washington Post ». En 2017, l’ex-président avait enregistré une vidéo pour soutenir la candidature d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle en France. L’année précédente, c’est la chancelière allemande Angela Merkel qui avait bénéficié des encouragements de M. Obama, qui était encore président.

Justin Trudeau et Barack Obama avaient rapidement noué une complicité amicale — une « bromance », disent les anglophones — à la suite de l’accession au pouvoir du Parti libéral du Canada en 2015. En mars 2016, lors d’un dîner officiel à la Maison-Blanche, les deux politiciens avaient fait étalage de leur belle complicité en soutenant que la relation entre le Canada et les États-Unis ne s’était jamais mieux portée.

Il semble que cette amitié ait perduré depuis, même si M. Obama a quitté la Maison-Blanche en janvier 2017. Les deux hommes ont notamment partagé un repas au printemps dernier dans un restaurant de la région d’Ottawa à l’occasion du passage de l’ex-président américain dans la capitale, où 11 000 personnes avaient payé pour l’entendre. Ils s’étaient également retrouvés en tête-à-tête dans un restaurant de Montréal en juin 2017, quand l’ex-président américain était venu prononcer une première conférence.

En plus du message de M. Obama, Justin Trudeau a obtenu mercredi un autre appui sur Twitter : celui de l’ex-ambassadeur des États-Unis au Canada Bruce Heyman, qui avait été nommé à Ottawa par le président démocrate. M. Heyman a écrit que l’ex-président Obama et lui avaient pu travailler directement avec M. Trudeau, et il a salué le « dévouement » et l’« efficacité » du chef libéral. « Le Canada a été très bien servi avec [Justin Trudeau] en tant que premier ministre », a-t-il soutenu.