Présidentielle américaine: des républicains peu connus défient Trump

Le nouveau candidat s’appelle Joe Walsh et fut élu au Congrès en 2010 pour un seul mandat.
Photo: Carolyn Kaster Associated Press Le nouveau candidat s’appelle Joe Walsh et fut élu au Congrès en 2010 pour un seul mandat.

Un deuxième républicain s’est déclaré dimanche candidat aux primaires du parti contre Donald Trump pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2020, une candidature qui ne menace pas le président sortant, mais montre que des poches de résistance persistent dans son parti. Le nouveau candidat s’appelle Joe Walsh et fut élu au Congrès en 2010 pour un seul mandat, au début de la vague ultra-conservatrice Tea Party, viscéralement opposée à Barack Obama. « Je suis candidat, car il est incompétent. Il faut que quelqu’un se dévoue », a expliqué Joe Walsh dans une interview sur la chaîne ABC dimanche. « Il est cruel. Il est raciste et il est narcissique. »

Avant lui, un républicain modéré, l’ancien gouverneur du Massachusetts Bill Weld, était entré dans cette étrange course, où Donald Trump s’est lancé comme gagnant d’avance. Mais aux États-Unis, la règle est que la réinvestiture des présidents sortants par leurs partis passe par des primaires, aussi courues d’avance soient-elles. Même Barack Obama fut officiellement réinvesti en 2012 par des scrutins, qui n’avaient certes vu qu’une opposition et une participation symboliques.

Cette année, les rares républicains qui ne se sont jamais résignés à soutenir Donald Trump espéraient recruter des poids lourds pour, sinon le priver d’investiture, au moins lui signifier que sa domination sur le parti n’était pas totale. Le candidat de dimanche, Joe Walsh, est une recrue étonnante pour ce combat. Il l’a lui-même reconnu : « J’ai aidé à créer Trump. » Il était un soldat de la révolution du Tea Party de 2010, qui a catalysé l’avènement de Donald Trump six ans plus tard en poussant le Parti républicain dans une direction plus radicale, plus populiste et anti-immigration. Joe Walsh disait à l’époque que Barack Obama était musulman et un « traître ». « La beauté du travail du président Trump est qu’il m’a conduit à réfléchir aux choses que j’ai pu dire dans le passé », a dit Joe Walsh dimanche. « La politique sale, je la regrette. Je suis désolé. »

Les républicains « veulent le départ de Trump. Mais ils ont peur de dire que c’est un incapable », assure-t-il. En réalité, le soutien apporté en 2016 à Donald Trump par les grands élus républicains, notamment au Congrès, fut le fruit d’un calcul très pragmatique encore plus valable pour 2020. Avec Donald Trump à la Maison-Blanche, ils sont mieux lotis qu’avec un démocrate. Le président a nommé deux juges conservateurs à la Cour suprême et signe les lois et les décrets longtemps voulus par les conservateurs. Sa domination est telle que ses ex-rivaux des primaires de 2016 ont, à ce stade, renoncé à le défier pour 2020. Même Mitt Romney, sénateur de l’Utah, ancien candidat présidentiel en 2012 et l’un des détracteurs internes les plus notables de M. Trump, semble avoir conclu que l’affaire était futile.