Le Groenland répond à Trump: l’île n’est pas à vendre

Le Groenland est une gigantesque île arctique riche notamment en pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc et plomb.
Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse Le Groenland est une gigantesque île arctique riche notamment en pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc et plomb.

« Prêts à faire des affaires, pas à vendre » : les autorités groenlandaises ont rappelé vendredi que leur île, riche en ressources naturelles, n’était pas à vendre après des révélations dans la presse américaine selon lesquelles Donald Trump s’était montré intéressé par l’achat de l’immense territoire autonome danois. La veille, le quotidien économique The Wall Street Journal avait écrit que le président américain, magnat de l’immobilier avant de se lancer en politique, s’était « montré à plusieurs reprises intéressé par l’achat » de ce territoire, qui compte quelque 56 000 habitants, et en avait parlé à ses conseillers à la Maison-Blanche. Le président s’est notamment renseigné sur les ressources naturelles et l’importance géopolitique de la région, selon le journal.

« Le Groenland est riche en ressources précieuses […]. Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre » le territoire, a rétorqué vendredi le ministère groenlandais des Affaires étrangères sur Twitter. À Kulusuk, un village de chasseurs et de pêcheurs peuplé de moins de 300 habitants dans le sud-ouest de l’île, les habitants rencontrés par l’AFP ne croient pas au projet de Donald Trump : « Ça n’arrivera jamais ! » assure Jakob Ipsen, le propriétaire de l’un des deux hébergements que compte la bourgade. « Les gens prennent ça comme une grosse blague. Ils ont déjà essayé en 1867, puis pendant la Deuxième Guerre mondiale, et rien ne s’est produit. Ça ne risque certainement pas de se reproduire », assure-t-il.

Le Groenland était une colonie danoise jusqu’en 1953, date à laquelle il est entré dans la « Communauté du Royaume » danois. En 1979, l’île a obtenu le statut de « territoire autonome », mais son économie dépend toujours fortement des subsides versés par Copenhague. Joint vendredi par l’agence, le cabinet de la première ministre Mette Frederiksen, à Copenhague, n’a pas souhaité faire de commentaires dans l’immédiat. « Ce doit être un poisson d’avril », a de son côté gazouillé l’ancien chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen (Parti libéral).

La base militaire la plus septentrionale des États-Unis — la base aérienne de Thulé — se situe toujours sur l’île. « C’est la position militaire du Groenland » qui attirerait le président américain, estime Jakob Ipsen.