Les États-Unis refuseront la nationalité aux immigrants bénéficiant d’aides publiques

Le directeur par intérim des services d'immigration américains, Ken Cuccinelli
Photo: Brendan Smialowski Archives Agence France-Presse Le directeur par intérim des services d'immigration américains, Ken Cuccinelli

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi une nouvelle réglementation qui dénie désormais la nationalité américaine aux immigrants bénéficiant d’aides publiques. Les immigrants qui seront jugés susceptibles de devenir des « charges pour la société » se verront refuser l’accès au territoire et ceux qui sont déjà aux États-Unis se verront refuser la « carte verte », le permis de séjour américain, précise une nouvelle réglementation publiée par la Maison-Blanche. S’ils ont déjà une carte verte, ils ne pourront pas obtenir la nationalité américaine.

La nouvelle réglementation, dite des « charges pour la société », vise les immigrants démunis, qui bénéficient à leur arrivée sur le territoire américain, pendant une période limitée, d’allocations logement ou de bons alimentaires. « Avec la réglementation des charges pour la société, le gouvernement du président Trump défend à nouveau les idéaux d’autonomie et de responsabilité individuelle, en s’assurant que les immigrants sont capables de subvenir à leurs besoins et de réussir ici, en Amérique », a déclaré Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services d’immigration américains. Cette nouvelle réglementation « protégera les contribuables américains, préservera notre système d’aides publiques pour les Américains vulnérables et fera respecter la loi », note un communiqué de la Maison-Blanche.

La loi américaine sur l’immigration stipule que ceux qui viennent vivre aux États-Unis ne peuvent pas devenir une charge pour la société, rappelle la présidence. « Depuis des années, cette exigence claire a été largement ignorée, faisant peser une énorme charge sur les contribuables américains. Aujourd’hui, la loi sur les charges pour la société va enfin être mise en oeuvre ». « Beaucoup d’étrangers et de membres de leur famille ont profité de notre généreux système d’aides publiques, des ressources limitées qui auraient sinon pu bénéficier à des Américains vulnérables », note un communiqué de la Maison-Blanche.

Cette décision pourrait affecter 22 millions d’étrangers résidant légalement dans le pays, ainsi que quelque 10 millions d’immigrants installés illégalement aux États-Unis, souvent depuis des années. Selon la Maison-Blanche, la moitié des familles étrangères résidant aux États-Unis comprennent au moins une personne utilisant Medicaid, le système d’assurance maladie public du pays réservé aux plus démunis. En outre, 78 % des foyers dont le chef de famille est un étranger peu éduqué utilisent au moins un programme d’aide publique, ajoute l’exécutif. M. Cuccinelli a précisé que la nouvelle réglementation entrerait en vigueur à partir du 15 octobre pour déterminer si les détenteurs de carte verte ont bénéficié d’aides publiques de façon abusive.

Pour les groupes pro-immigration, l’utilisation de l’aide publique par les migrants ne pose pas de vrai problème. Le National Immigration Law Center, un groupe pro-immigrants, a annoncé lundi son intention de saisir la justice pour bloquer la mise en oeuvre de cette réforme, qu’il a qualifiée de « politique raciste ».