Epstein n’était pas surveillé avant sa mort

Jeffrey Epstein, 66 ans, était accusé d’avoir fait venir des dizaines de jeunes adolescentes dans ses luxueuses résidences, notamment à New York et en Floride.
Photo: Uma Sanghvi Associated Press Jeffrey Epstein, 66 ans, était accusé d’avoir fait venir des dizaines de jeunes adolescentes dans ses luxueuses résidences, notamment à New York et en Floride.

La prison fédérale où était détenu le financier déchu Jeffrey Epstein au moment de sa mort était si à court de personnel que plusieurs gardiens ont dû effectuer des heures supplémentaires le soir de son présumé suicide, a indiqué une source qui connaît bien le mode de fonctionnement de l’établissement à l’Associated Press.

Cette source, à qui le Metropolitain Correctionnal Center, à New York, est familier, précise qu’un des gardiens de l’unité où était située la cellule d’Epstein effectuait des heures supplémentaires pour une cinquième nuit d’affilée et qu’un deuxième avait été obligé de poursuivre son quart de travail. Cette source a parlé à l’agence de presse sous le couvert de l’anonymat puisqu’elle n’avait pas l’autorisation de discuter publiquement.

Par ailleurs, le personnel de l’établissement n’aurait pas suivi le protocole dans les moments qui ont précédé la mort d’Epstein, selon ce que rapporte le New York Times.

Des gardes avaient la tâche de vérifier la cellule de Jeffrey Epstein toutes les 30 minutes, mais cela ne s’est pas fait la veille de son suicide, a déclaré un représentant de la loi au quotidien new-yorkais.

Le New York Times a parlé à cette source sous le couvert de l’anonymat, et l’Associated Press n’a pu confirmer cette information.

Un représentant de la loi a également déclaré que Jeffrey Epstein était seul dans sa cellule après le transfert de son compagnon de cellule. Un responsable ayant connaissance de l’enquête a déclaré au New York Times que le ministère de la Justice avait pourtant été informé que Jeffrey Epstein devait avoir un compagnon de cellule et devait être surveillé par un gardien toutes les 30 minutes.

Surveillance

Le corps inanimé de Jeffrey Epstein a été retrouvé samedi matin dans sa cellule du Centre correctionnel de Manhattan, a indiqué le Federal Bureau of Prisons.

Jeffrey Epstein avait été placé sous surveillance préventive, il y a un peu plus de deux semaines, à la suite d’un incident qui l’avait laissé avec des ecchymoses au cou.

Le secrétaire américain à la Justice, William Barr, a annoncé l’ouverture de deux enquêtes, l’une du FBI, l’autre des services de son ministère, sur le décès, apparemment par pendaison, de celui qui fut longtemps une figure de la jet-set avant d’être incarcéré à New York début juillet pour de multiples agressions présumées sur mineures.

Jeffrey Epstein, 66 ans, était en attente de son procès pour exploitation sexuelle. Il était accusé d’avoir fait venir des dizaines de jeunes adolescentes dans ses luxueuses résidences, notamment à New York et en Floride, les forçant à faire des « massages » qui tournaient presque toujours aux rapports sexuels forcés.

Vendredi, le ministère public avait publié plus de 2000 pages de documents provenant du procès civil intenté contre l’ancienne compagne d’Epstein par Virginia Giuffre, une des accusatrices du financier.

Selon Sigrid McCawley, l’avocate de Mme Giuffre, le suicide d’Epstein moins de 24 heures après la publication de ces documents « n’est pas une coïncidence ».

Ses amitiés passées avec des personnalités publiques telles que Donald Trump, l’ex-président Bill Clinton et le prince britannique Andrew se sont avérées un terreau fertile pour les conspirationnistes depuis l’annonce de sa mort.

Donald Trump a lui-même encouragé ce flot de conjonctures, rassemblées sous le mot-clic #EpsteinMurder.

Avec l’Agence France-Presse