Le tireur d’El Paso avoue aux policiers qu’il visait des «Mexicains»

Le bilan de la tuerie s'élève à 22 morts, dont huit Mexicains et une majorité d’Américains d’origine hispaniques, et 26 ont été blessées.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Le bilan de la tuerie s'élève à 22 morts, dont huit Mexicains et une majorité d’Américains d’origine hispaniques, et 26 ont été blessées.

Le tireur qui a abattu 22 personnes samedi dans un supermarché de la ville texane d’El Paso, a admis en garde à vue avoir voulu attaquer des « Mexicains », selon un compte-rendu d’enquête consulté vendredi par l’AFP.

« L’accusé a indiqué qu’une fois à l’intérieur du magasin il a ouvert le feu avec son [fusil d’assaut] AK-47 sur des personnes innocentes. L’accusé a indiqué que ses cibles étaient des “Mexicains” », relate le document.

Patrick Crusius, un jeune homme blanc de 21 ans, avait roulé pendant une dizaine d’heures depuis Allen, dans la banlieue de Dallas, pour arriver à El Paso, située à la frontière avec le Mexique.

Avant de passer à l’acte, il avait mis en ligne un manifeste dénonçant une « invasion hispanique du Texas ».

En milieu de matinée, il était entré dans un supermarché Walmart bondé avec son fusil d’assaut et plusieurs chargeurs et avait tiré sur des dizaines de personnes.

Vingt-deux sont décédées, dont huit Mexicains et une majorité d’Américains d’origine hispaniques, et 26 ont été blessées.

À l’arrivée des policiers, Patrick Crusius était sorti d’un véhicule, les mains en l’air, en déclarant : « je suis le tireur », selon ce rapport de police, qui a servi de base pour l’inculper de meurtres.

Il encourt la peine capitale.

Ce bain de sang a été suivi, treize heures plus tard, d’une autre fusillade à Dayton, dans l’Ohio, où un autre jeune homme blanc a semé la mort dans un quartier de bars et restaurants, avant d’être abattu par des policiers en patrouille.

Ses motivations restent incertaines : sa soeur figure parmi ses neuf victimes, mais il s’était intéressé à des « idéologies violentes », selon la police locale.

Les deux drames ont rouvert le débat sur les armes à feu aux États-Unis, régulièrement endeuillés par des fusillades de masse.

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale un des marqueurs de sa présidence, a de son côté été pointé du doigt pour ses diatribes contre les Mexicains, qu’il a assimilés à des « violeurs » lors de sa campagne de 2016. Depuis, il a régulièrement usé le terme « invasion » et les démocrates lui reprochent d’avoir « attisé la haine » extrémiste.