L’épouse d’un Américain détenu en Iran «supplie» Trump d’obtenir sa libération

Hua Qu estime que les décisions de l’administration Trump n’ont pas bénéficié au sort de son mari.
Photo: Matt Rourke Associated Press Hua Qu estime que les décisions de l’administration Trump n’ont pas bénéficié au sort de son mari.

La femme de Xiyue Wang, un Américain d’origine chinoise détenu depuis trois ans en Iran, où il a été condamné pour espionnage, a « supplié » jeudi le président des États-Unis Donald Trump d’engager des négociations avec Téhéran pour obtenir la libération de cet « homme innocent ».

Doctorant en histoire à l’université américaine de Princeton, Xiyue Wang a été arrêté en août 2016, alors qu’il faisait, selon son épouse Hua Qu, des recherches à Téhéran pour sa thèse, puis condamné en juillet 2017 à dix ans de prison par la justice iranienne. « Les autorités iraniennes ont délibérément monté de toutes pièces des accusations d’espionnage contre mon mari » et « continuent de l’utiliser comme un pion au service de la politique de l’Iran », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse à Washington pour marquer le troisième anniversaire de cette arrestation. « Le gouvernement iranien utilise ses recherches comme prétexte à son encontre et pour faire pression sur le gouvernement américain », a ajouté cette femme chinoise installée aux États-Unis, où elle élève désormais seule leur fils de six ans. Selon elle, le prisonnier est « traité comme un otage et une monnaie d’échange dans une dispute géopolitique ».

Les États-Unis et l’Iran n’ont pas de relations diplomatiques depuis 1980, mais après une légère embellie sous la présidence américaine de Barack Obama et la signature en 2015 d’un accord international sur le programme nucléaire iranien, les liens se sont à nouveau dégradés depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump. Ce dernier a acté l’an dernier le retrait de Washington de ce texte-clé. Les tensions se sont encore envenimées depuis le printemps, avec une escalade diplomatique et militaire toujours en cours.

Le gouvernement iranien utilise ses recherches comme prétexte à son encontre et pour faire pression sur le gouvernement américain

Hua Qu estime que les décisions de l’administration Trump n’ont pas bénéficié au sort de son mari, pourtant « criminalisé pour sa nationalité américaine ». « Je supplie l’Iran, les États-Unis, mon propre pays, la Chine, et d’autres membres de la communauté internationale de trouver ensemble une manière d’obtenir la libération de cet homme innocent », a-t-elle lancé.

Tout en remerciant la diplomatie américaine pour son soutien et ses efforts, elle constate qu’aucun progrès n’a été réalisé en trois ans et que ses demandes d’entretiens au sommet de l’État sont restées sans réponse. « J’ai désespérément besoin qu’ils en fassent davantage », a-t-elle martelé, déplorant l’absence de dialogue entre Washington et Téhéran, et l’opposition de l’administration américaine à tout échange de prisonniers. « Ce cas ne va pas se résoudre tout seul. Ils doivent se mettre à la table des négociations, se parler, entamer un dialogue ».