Trump dit être «le moins raciste du monde»

Le président, Donald Trump, fait l’objet de nouvelles accusations de racisme aux États-Unis après s’en être pris violemment ces derniers jours à l’élu démocrate de Baltimore Elijah Cummings et au pasteur Al Sharpton.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Le président, Donald Trump, fait l’objet de nouvelles accusations de racisme aux États-Unis après s’en être pris violemment ces derniers jours à l’élu démocrate de Baltimore Elijah Cummings et au pasteur Al Sharpton.

« Je suis la personne la moins raciste du monde », s’est défendu mardi le président américain Donald Trump, de passage en Virginie, en réaction à la publication d’un sondage indiquant que plus d’un électeur sur deux l’associait au racisme.

L’enquête de l’université Quinnipiac a été réalisée entre jeudi et dimanche, alors que le 45e président des États-Unis a multiplié à partir de samedi les attaques violentes à l’encontre d’un député noir et de sa circonscription de Baltimore, qualifiée d’endroit « dégoûtant, infesté de rats ».

Quelque 51 % des électeurs américains considèrent que M. Trump est raciste. Un chiffre qui diffère selon l’origine ethnique des personnes interrogées : ils sont 46 % à le penser chez les Blancs, contre 55 et 80 % parmi les Hispaniques et les Noirs.

Le milliardaire républicain a catégoriquement refusé le qualificatif avant de se rendre en Virginie pour le 400e anniversaire de l’assemblée de Jamestown, lieu de la première colonie britannique permanente sur le continent américain.

Discours perturbé

Un élu démocrate local, Ibraheem Samirah, a brièvement interrompu le discours du président en brandissant plusieurs affiches : « Expulse la haine » ; « Réunis ma famille » ; « Retourne à ta corruption ». Des allusions au combat mené avec opiniâtreté par M. Trump contre l’immigration illégale, et à ses récents propos invitant quatre élues démocrates issues de minorités à « retourner » dans leur pays d’origine.

« Le président Donald Trump, héraut des discours haineux et des politiques toxiques, s’invite à une célébration de valeurs démocratiques qu’il ne partage même pas », a expliqué dans un communiqué publié sur son compte Twitter le jeune élu, fils de réfugiés palestiniens.

Aucun autre président n’a fait autant que moi pour les Afro-Américains

Hué par une partie de l’assistance, M. Samirah a été rapidement et calmement évacué par la sécurité, avant que Donald Trump ne reprenne le fil de son discours sans faire allusion à l’incident.

Il n’avait face à lui aucun représentant du groupe parlementaire des élus noirs de Virginie, qui ont décidé en raison de sa présence de boycotter ces commémorations historiques.

« La participation du président est antithétique des principes défendus par le groupe », explique dans un communiqué le Virginia Legislative Black Caucus.

Il y dénonce les « commentaires dégradants » de Donald Trump envers les élus de l’opposition, ses « politiques portant préjudice aux communautés marginalisées » et sa « rhétorique raciste et xénophobe ».

Le président fait l’objet de nouvelles accusations de racisme aux États-Unis après s’en être pris violemment ces derniers jours à l’élu démocrate de Baltimore Elijah Cummings et au pasteur Al Sharpton, figure du mouvement de défense des droits des Noirs, un « escroc » qui « déteste les Blancs et les policiers », selon Trump.

« Aucun autre président n’a fait autant que moi pour les Afro-Américains », a avancé mardi M. Trump en soulignant que le chômage des Noirs n’avait « jamais été aussi bas dans l’histoire » des États-Unis.