Rejet d’une motion pour demander la destitution de Trump

C’est la première fois que la Chambre est appelée à se prononcer sur la destitution du milliardaire républicain Donald Trump depuis son élection en 2016.
Photo: Alex Brandon Associated Press C’est la première fois que la Chambre est appelée à se prononcer sur la destitution du milliardaire républicain Donald Trump depuis son élection en 2016.

La Chambre des représentants des États-Unis a rejeté mercredi une motion appelant au lancement d’une procédure de destitution contre le président Donald Trump, invoquée en raison de ses attaques contre quatre élues démocrates issues de minorités.

Le texte, présenté par le démocrate Al Green, a été rejeté à une large majorité (332 pour et 95 contre), illustrant la division régnant sur cette question chez les démocrates, maîtres de la chambre basse du Congrès.

Une majorité des 235 élus démocrates s’est alliée aux républicains pour reporter l’examen de cette motion à une date indéterminée.

C’est la première fois que la Chambre était appelée à se prononcer sur la destitution du milliardaire républicain depuis son élection en 2016.

Le lancement de cette procédure était soutenu par l’aile gauche du parti démocrate, ulcérée par les attaques considérées comme racistes de M. Trump contre quatre élues démocrates. Il est à l’origine depuis dimanche d’une violente polémique pour leur avoir conseillé de « retourner » dans leur pays d’origine puis les avoir accusées de « détester » l’Amérique.

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, et les responsables du parti sont très réticents à se lancer sur la voie de la destitution, impopulaire auprès des électeurs.

Une motion de destitution serait aussi vouée à l’échec devant un Sénat contrôlé par les républicains, offrant à Donald Trump l’occasion de se déclarer blanchi juste avant les élections de 2020.

Plusieurs enquêtes parlementaires sur M. Trump et son entourage sont actuellement menées par plusieurs commissions parlementaires contrôlées par des démocrates.

En campagne

Par ailleurs, le président a poursuivi jeudi ses attaques contre les démocrates qui « détestent » l’Amérique. « Ces idéologues de gauche […] veulent détruire notre constitution, supprimer les valeurs sur lesquelles notre magnifique pays a été bâti », a-t-il lancé en soirée depuis Greenville, en Caroline du Nord.

Devant une marée de casquettes rouges « Make America Great Again », il a cité les quatre élues démocrates issues de minorités auxquelles il avait conseillé dans un tweet de « retourner » dans leur pays d’origine, « ces endroits infestés par la criminalité ».

« Renvoyez-la ! Renvoyez-la ! » s’est mise à scander la foule lorsque M. Trump a évoqué Ilhan Omar, l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, qui a créé la controverse avec des commentaires sur Israël jugés antisémites par de nombreux élus.

Très agressif vis-à-vis des quatre femmes qu’il qualifie désormais de « méchantes jeunes élues socialistes », M. Trump s’est montré particulièrement ironique en évoquant Alexandria Ocasio-Cortez, jeune représentante de New York. « Je n’ai pas le temps de prononcer trois noms, on va l’appeler Cortez… », a lancé le président des États-Unis.

La très médiatique « AOC », benjamine de la Chambre des représentants, a déclenché une polémique mi-juin, en comparant les camps de rétention pour migrants érigés à la frontière sud des États-Unis à des « camps de concentration ».