La vaste opération anti-clandestins promise par Trump tombe à plat

Samedi, une représentante de la Florida Immigrant Coalition allait de porte en porte pour informer les personnes en situation irrégulière de leurs droits.
Photo: Saul Martinez Agence France-Presse Samedi, une représentante de la Florida Immigrant Coalition allait de porte en porte pour informer les personnes en situation irrégulière de leurs droits.

Donald Trump avait promis pour dimanche une vague de descentes de police pour interpeller des milliers de clandestins, mais aucune activité d’ampleur n’aurait été signalée dans les grandes villes américaines concernées.

Des agents de la police de l’immigration (ICE) — distincte des polices ordinaires, municipales ou d’État — étaient attendus dans les rues d’au moins dix grandes villes américaines pour arrêter quelque 2000 personnes en situation irrégulière.

En fin de matinée, plusieurs chaînes, notamment CNN et Fox News, ont fait état du début des opérations, citant des sources anonymes au sein de cette force. Sur le terrain, toutefois, aucune opération d’importance n’était rapportée.

C’est très difficile d’organiser votre vie autour des annonces de Donald Trump

 

De nombreux militants patrouillaient tout de même dans les rues de plusieurs grandes métropoles pour documenter toute arrestation et conseiller tout sans-papiers interpellé.

« Aucune activité pour l’instant », a déclaré Bill de Blasio, maire de New York, lors d’un point de presse en milieu d’après-midi. « C’est très difficile d’organiser votre vie autour des annonces de Donald Trump », a lancé le candidat à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020.

Le maire a indiqué que trois descentes avaient été signalées samedi. « Dans aucun de ces cas les agents de l’ICE ont pu trouver l’individu qu’ils recherchaient », a-t-il précisé.

Interrogé plus tôt sur Fox News, le directeur par intérim de la police migratoire, Matthew Albence, avait refusé de donner des précisions sur les opérations programmées dimanche.

La peur, malgré tout

Le spectre de cette vague d’interpellations s’annonçait déjà beaucoup plus réduit que les « millions » prédits par Donald Trump en juin à l’aube d’une opération finalement reportée, mais l’inquiétude, elle, était la même chez tous ceux susceptibles d’être visés. D’autant que, selon plusieurs médias, les autorités chargées de l’immigration comptaient également expulser des clandestins arrêtés pendant une descente mais ne figurant pas initialement sur la liste des personnes recherchées.

« Cette incertitude, cette peur, font des ravages, c’est incontestable », a déclaré Lori Lightfoot, maire démocrate de Chicago, sur CNN. « Cela traumatise les gens. »

Certains édiles, au relais d’associations de défense des droits de la personne, avaient publiquement rappelé leurs droits aux personnes en situation irrégulière et les avaient invitées à les exercer, le cas échéant.

« Si vous craignez d’être expulsé, restez chez vous dimanche, ou déplacez-vous en groupes », avait prévenu samedi Keisha Bottoms, maire d’Atlanta, sur CNN. « Si quelqu’un frappe à votre porte, n’ouvrez pas, s’il vous plaît, à moins qu’il n’ait un mandat. »

De nombreux conservateurs ont rappelé récemment que le gouvernement démocrate de Barack Obama avait expulsé 409 849 personnes en 2012, contre 256 085 pour celui de Donald Trump en 2018.

Beaucoup s’inquiètent d’un nouvel afflux de clandestins arrêtés par les autorités alors que les centres de rétention sont déjà surpeuplés.

Les États-Unis font face depuis plus d’un an à une crise migratoire à leur frontière avec le Mexique, franchie chaque mois par des milliers de personnes originaires d’Amérique centrale fuyant violence et misère dans leur pays