Le secrétaire au Travail de Trump démissionne

Aux côtés d'Alexander Acosta, le président américain, Donald Trump, a longuement dénoncé le rôle de la presse et rendu un hommage très appuyé à son secrétaire au Travail sortant.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Aux côtés d'Alexander Acosta, le président américain, Donald Trump, a longuement dénoncé le rôle de la presse et rendu un hommage très appuyé à son secrétaire au Travail sortant.

La cascade de départs dans l’équipe Trump se poursuit : le secrétaire au Travail, Alexander Acosta, dans la tourmente pour sa gestion d’une affaire d’abus sexuels il y a une dizaine d’années, a annoncé vendredi sa démission.

Ce départ renforce l’image d’une équipe gouvernementale instable, peinant toujours, deux ans et demi après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, à trouver un véritable rythme de croisière tant elle est minée par les scandales et les polémiques.

M. Acosta se voyait reprocher depuis plusieurs jours d’avoir en 2008, alors qu’il était procureur fédéral en Floride, négocié un accord en justice jugé trop favorable à Jeffrey Epstein, riche investisseur en fonds spéculatifs.

[Jeffrey Epstein] est un homme nocif et il faut qu’il se retrouve derrière les barreaux. Ses actes méritaient tout à fait une peine plus dure.

M. Epstein a de nouveau été inculpé lundi à New York d’exploitation sexuelle de dizaines de mineures. Il encourt jusqu’à 45 ans de prison.

« J’ai appelé le président [vendredi] matin pour lui dire que je pensais que démissionner était la meilleure chose à faire », a déclaré M. Acosta depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Debout à ses côtés, le président américain a longuement dénoncé le rôle de la presse et rendu un hommage très appuyé à son ministre sortant.

« Le fait est qu’il a été un fantastique secrétaire au Travail », a-t-il martelé, louant un homme « très doué » qui « est allé à Harvard ».

Mercredi, M. Acosta avait, lors d’une conférence de presse tendue, longuement défendu sa gestion du dossier Epstein.

Le ministre a affirmé qu’en 2008 — lorsqu’il était procureur fédéral en Floride — son équipe avait opté pour cet accord parce qu’elle craignait de voir M. Epstein sortir libre si elle poussait jusqu’au procès en maintenant les chefs d’inculpation plus graves.

« Notre but était clair, a déclaré M. Acosta : envoyer Epstein en prison, nous assurer qu’il soit inscrit sur la liste des délinquants sexuels, donner aux victimes les moyens de demander réparation.»

En fait, l’accord négocié par les procureurs sous l’égide de M. Acosta avait à l’époque évité un procès dégradant à Jeffrey Epstein, tenu à l’écart de ses victimes, et prévu des conditions particulièrement favorables d’aménagement de sa peine de détention.

Les témoignages, ces derniers jours, de plusieurs des accusatrices du financier ont contribué à braquer un peu plus les projecteurs sur ce dossier.

« Il m’a violée, brutalement violée », a déclaré Jennifer Araoz dans un entretien diffusé par NBC, racontant comment elle avait été « recrutée » devant son établissement scolaire à New York par une jeune femme, à l’automne 2001, lorsqu’elle avait 14 ans.

Cette rencontre l’avait menée à se rendre à plusieurs reprises chez M. Epstein, qui avait d’abord commencé à la payer pour des massages, qu’elle faisait en sous-vêtements pendant qu’il se masturbait. Jusqu’au jour de son viol présumé, en 2002.

« C’est un homme nocif et il faut qu’il se retrouve derrière les barreaux », a affirmé M. Acosta devant la presse. « Ses actes méritaient tout à fait une peine plus dure », a-t-il reconnu.

Cette affaire a pris un relief particulier, car M. Epstein était proche de nombre de célébrités et de politiques, parmi lesquels, avec Donald Trump, l’ex-président démocrate Bill Clinton ou encore le prince Andrew, fils de la reine Élizabeth II.

Vendredi, M. Trump a une nouvelle fois insisté sur le fait qu’il avait coupé les ponts avec ce dernier depuis plusieurs années.

« Je n’étais pas un fan de Jeffrey Epstein. Ce n’est pas quelqu’un que je respectais », a-t-il répété.