La côte de la Louisiane évacuée avant l’arrivée d’une tempête tropicale

Les services météorologiques de La Nouvelle-Orléans, ville située en dessous du niveau de la mer, ont prévenu d’une «menace d’importantes inondations».
Photo: Michael Mathes Archives Agence France-Presse Les services météorologiques de La Nouvelle-Orléans, ville située en dessous du niveau de la mer, ont prévenu d’une «menace d’importantes inondations».

Les évacuations se poursuivaient vendredi sur les côtes de la Louisiane avant l’arrivée de la tempête tropicale Barry, qui menace de se transformer en ouragan et devrait déverser des trombes d’eau potentiellement dévastatrices sur cet État du sud des États-Unis.

La tempête se trouvait vendredi matin à quelque 144 km au sud-ouest de l’embouchure du Mississippi et avançait lentement vers les côtes, selon le Centre national des ouragans (NHC).

Si les prévisions se concrétisent, Barry sera dans l’Atlantique le premier ouragan de la saison, qui s’étire de juin à novembre. Il devrait être de catégorie 1 — sur les 5 que compte l’échelle de Saffir-Simpson — avec des vents d’au moins 119 km/h.

« Nous nous attendons à ce que Barry touche les côtes centrales demain [samedi] matin », a expliqué sur CNN le gouverneur de la Louisiane, John Bel Edwards.

Il apportera de 15 à 25 cm de pluie sur une bande de 160 km de large, touchant une partie du Mississippi à l’est et du Texas à l’ouest, tandis que les précipitations devraient atteindre 50 cm au plus fort de l’ouragan.

La pluie se déversera dans des zones déjà touchées par les crues depuis janvier et alors que le Mississippi atteint un niveau historique.

« Ce sera la première fois que nous aurons un ouragan alors que le fleuve Mississippi est en crue », s’est inquiété le gouverneur.

Méga-refuge

Quinze à vingt centimètres de précipitations sont déjà tombés sur l’agglomération de La Nouvelle-Orléans, provoquant des inondations.

Certaines routes sont sous les eaux depuis mercredi. Des sacs de sable protègent des pas-de-porte. Des équipes de l’État, ainsi que des habitants, ramassent par endroits débris et déchets emportés par le courant, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi soir l’État en situation d’urgence, permettant aux agences fédérales de participer aux secours.

Des ordres d’évacuation ont été émis pour la presqu’île au sud de La Nouvelle-Orléans et « plus de 300 bus sont prêts à amener les gens dans des abris », a indiqué M. Edwards.

Le gouverneur a appelé les habitants à utiliser ces bus, car « la majorité des morts ces dernières années étaient des automobilistes qui roulaient dans l’eau » et avaient été emportés par le courant.

Les autorités ont également ouvert un « méga-refuge » à Alexandria, dans le centre de l’État, pour loger les populations évacuées de la côte.

Le traumatisme de Katrina

La Louisiane reste traumatisée par le souvenir du puissant ouragan (catégorie 5) Katrina en août 2005. Les digues protégeant la Nouvelle-Orléans avaient cédé sous le poids de l’eau, inondant 80 % de la cité et causant un millier de morts, sur un total de plus de 1800 durant la catastrophe.

Les digues au bord du fleuve et à La Nouvelle-Orléans devraient tenir, a rassuré le gouverneur, alors que 118 pompes étaient en service pour écouler l’eau dans la principale ville de l’État.

Les digues la protégeant sont prévues pour une crue de 6,10 m et le fleuve devrait culminer à 5,79 m, selon les météorologues.

Mais pour le réseau GSCC, qui rassemble des professionnels du climat du monde entier, « le risque de Barry est différent de celui de Katrina : en 2005, les digues de la côte avaient cédé, cette fois-ci, ce sont les digues du fleuve qui seront testées ».

« La température à la surface de l’eau du Golfe du Mexique est au-dessus de la moyenne et fournit au système des forces pour s’intensifier », a expliqué dans le communiqué du GSCC Jill Trepanier, qui étudie les phénomènes climatiques à l’université de Louisiane.

Selon elle, Barry apporte un nouvel exemple du changement climatique : « Une température chaude de l’océan et une température de l’air plus haute que la moyenne, c’est la recette pour de fortes pluies et toutes les conditions “au-dessus de la moyenne” sont une indication du changement climatique ».