Les tensions autour des expulsions de migrants s’accentuent aux États-Unis

En mai, plus de 144 000 migrants ont été arrêtés à la frontière sud, dont 57 000 mineurs.
Photo: Joe Raedle Getty Images Agence France-Presse En mai, plus de 144 000 migrants ont été arrêtés à la frontière sud, dont 57 000 mineurs.

Promesse d’expulser des « millions » de sans-papiers contre dénonciation de « camps de concentration » : Donald Trump et une élue démocrate étaient vivement critiqués mardi pour des propos enflammés sur l’immigration, perçus comme un avant-goût des débats de la présidentielle de 2020.

La police migratoire commencera la semaine prochaine « à expulser les millions d’étrangers illégaux » présents aux États-Unis, a annoncé lundi soir le président républicain sans donner plus de détails. « Ils seront expulsés dès leur arrivée », a-t-il ajouté dans un tweet, à la veille du lancement de sa campagne de réélection.

L’opposition démocrate l’a immédiatement accusé de tenir des propos « xénophobes ». « Les expulsions massives sont cruelles et violent nos valeurs », a dénoncé la sénatrice Kamala Harris, autre prétendante à l’investiture démocrate.

Plus de 10,5 millions de sans-papiers sont installés aux États-Unis, selon des estimations de l’institut Pew. En 2018, la police aux frontières a procédé à environ 250 000 expulsions. Plusieurs voix se sont donc élevées pour demander comment les agents pourraient parvenir aux « millions » d’expulsions promises par Donald Trump.

« Cette annonce n’aura pas d’effet sur la crise à la frontière », a déclaré à l’AFP Jorge Loweree, du centre de recherche American Immigration Council. « C’est une bombe politique qui vise à créer la peur dans les communautés les plus vulnérables. »

Le milliardaire républicain a fait de la lutte contre l’immigration illégale un des grands thèmes de sa campagne de 2016, promettant notamment d’ériger un mur le long de la frontière avec le Mexique. Mais il peine à obtenir le financement pour ce mur et il n’a pas réussi à endiguer les flux migratoires, qui se sont même accrus ces derniers mois.

« Camps de concentration »

En mai, plus de 144 000 migrants ont été arrêtés à la frontière sud, dont 57 000 mineurs. Le Congrès finance 40 000 places dans des centres de rétention, mais c’est largement insuffisant. L’étoile montante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a attiré les critiques pour avoir comparé lundi soir ces centres à des « camps de concentration », lors d’une intervention en direct sur Instagram. « Une présidence qui crée des camps de concentration est fasciste », a encore assené la jeune élue du Congrès, s’attirant des réactions outrées chez les républicains.

La démocrate, très habituée aux joutes sur les réseaux sociaux, n’a pas tardé à contre-attaquer. « À tous les républicains geignards qui ne connaissent pas la différence : les camps de concentration et les camps de la mort ne sont pas la même chose. Les camps de concentration sont considérés par les experts comme les lieux “de détention de masse de civils sans procès” et c’est exactement ce que ce gouvernement fait », a-t-elle écrit mardi matin sur Twitter.