Trump veut nouer un accord commercial «très, très substantiel» avec Londres

Donald Trump rejoint Downing Street pour des discussions avec Theresa May, dont il a fustigé la gestion du Brexit.
Photo: Ben Stansall Agence France-Presse Donald Trump rejoint Downing Street pour des discussions avec Theresa May, dont il a fustigé la gestion du Brexit.

Le président américain, Donald Trump, a fait miroiter mardi un accord commercial « extraordinaire » avec Londres après le Brexit, adoptant un ton conciliant avec la Première ministre Theresa May, loin des déclarations polémiques ayant précédé sa visite d’État au Royaume-Uni.

Le milliardaire s’est aussi réjoui de ne pas avoir vraiment vu de protestation contre sa venue, avant de préciser en avoir vu une « très petite ». « C’était des fake news », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse commune avec Theresa May, ignorant superbement les milliers de manifestants qui défilaient au même moment dans le centre de Londres.

Et il a assuré que tout était « sur la table » dans la future négociation post-Brexit d’un accord de libre-échange entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

Le président s’est aussi dit « absolument sûr » de trouver un terrain d’accord avec Londres sur l’équipementier chinois Huawei, un sujet de tensions entre les deux pays, Washington faisant pression sur ses alliés pour que le géant chinois soit exclu du réseau 5G par crainte d’espionnage.

Donald Trump et Theresa May s’étaient retrouvés dans la matinée à Downing Street, tandis qu’à quelques pas de là, des milliers de personnes manifestaient, en défilant de Trafalgar Square vers le parlement, leur opposition à la visite d’État du président américain, soit bien moins que lors de sa précédente venue en juillet 2018.

Ils ont fait défiler une statue du président assis sur une cuvette de WC, son téléphone portable à la main, tandis qu’un ballon le caricaturant en bébé furibond flottait dans le ciel près du parlement. Déjà déployé lors de sa dernière visite en juillet 2018, ce ballon fait office de « mascotte » pour ceux qui dénoncent « la politique haineuse et clivante de Trump », a dit à l’AFP Leo Murray, militant pour l’environnement.

Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse

Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui avait boudé le banquet officiel donné par la reine en l’honneur du président américain lundi soir, a participé à ce rassemblement anti-Trump, s’adressant à la foule.

Le président américain a cependant révélé devant la presse qu’il avait refusé de rencontrer le chef de l’opposition, le décrivant comme une « force négative ».

« Meilleure que moi »

C’est une Theresa May sur le départ qu’a rencontré Donald Trump puisqu’elle quittera formellement ses fonctions vendredi, après avoir échoué à mettre en œuvre la sortie de l’Union européenne, repoussée au 31 octobre. Elle assurera toutefois la transition jusqu’à ce qu’un nouveau chef de gouvernement soit choisi par son Parti conservateur d’ici le 20 juillet.

Bien qu’il ait fustigé juste avant son arrivée sa gestion du Brexit dans des entretiens aux médias britanniques, M. Trump a cette fois eu la courtoisie de la féliciter pour son « travail fantastique », allant même jusqu’à assurer qu’elle était « probablement meilleure négociatrice que moi » devant la presse.

Partisan du Brexit, Donald Trump a recommandé au Royaume-Uni de claquer la porte du club européen sans accord et sans verser un sou, un scénario auquel s’est toujours opposée Mme May.

Il a aussi jugé dans le tabloïd The Sun que Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères et l’un des 12 candidats à sa succession, ferait un « excellent » premier ministre. Boris johnson s’est entretenu une vingtaine de minutes avec Donald Trump par téléphone, mais a décliné l’offre d’un entretien face-à-face pour des raisons d’agenda, a indiqué l’entourage du député conservateur à l’AFP.

Interrogé par la presse pour savoir s’il allait rencontrer le ministre de l’Environnement Michael Gove, l’un des rivaux de M. Johnson, comme le bruit en a circulé, le président américain n’a ni confirmé ni démenti.

Sa visite de trois jours avait débuté lundi de manière fort peu diplomatique, M. Trump qualifiant de « loser total » le maire travailliste de Londres, qui a dénoncé les honneurs réservés au président américain.

Une attaque condamnée par le chef du Labour. « Je suis très déçu, en particulier aujourd’hui en cette merveilleuse fête de l’Aïd, que notre maire de Londres, Sadiq Khan, ait été attaqué comme il l’a fait », a déclaré M. Corbyn devant la foule de manifestants anti-Trump.

Reçu en grande cérémonie par la reine lundi avec son épouse Melania et ses 4 enfants adultes et leurs conjoints, Donald Trump devait participer dans la soirée à un dîner à la résidence de l’ambassadeur américain où le prince Charles représentera la reine Elisabeth.