Un tireur fait au moins 12 morts en Virginie

La question des violences armées prend une dimension particulière en Virginie, car c’est dans cet État que siège la National Rifle Association, le premier lobby des armes aux États-Unis.
Photo: Kaitlin McKeown Associated Press La question des violences armées prend une dimension particulière en Virginie, car c’est dans cet État que siège la National Rifle Association, le premier lobby des armes aux États-Unis.

Un employé des services municipaux d’une station balnéaire de la côte Est américaine a ouvert le feu vendredi dans un bâtiment de la ville, faisant 12 morts avant d’être lui-même abattu par la police.

Cette énième tragédie, dans un pays marqué par la violence des armes à feu, s’est produite à Virginia Beach, une ville de 450 000 habitants située à environ 300 kilomètres au sud de la capitale fédérale, Washington.

«Nous avons maintenant 12» victimes décédées, a déclaré lors d’une deuxième conférence de presse le chef de la police de Virginia Beach, James Cervera.

Le bilan, auparavant de 11 morts, a été revu à la hausse après le décès d’une victime qui «a succombé à ses blessures sur le chemin de l’hôpital». Quatre autres personnes blessées sont soignées dans les hôpitaux de la région et d’autres auraient pu s’y rendre par leurs propres moyens, a précisé le responsable policier.

Le tireur était un employé municipal, et l’enquête est en cours. Ses motivations restaient, pour l’heure, inconnues.

Il était peu après 16h00 vendredi (20h00 GMT) quand le suspect, «un employé de longue date», est entré dans le bâtiment et a commencé «immédiatement à tirer à l’aveugle sur toutes les victimes», a raconté M. Cervera.

Repérant l’étage du bâtiment où se trouvait le tireur par le bruit du sifflement des balles, les policiers sont intervenus.

«C’était un long échange de coups de feu entre ces quatre policiers et le suspect.»
Touché, le tireur a succombé à ses blessures. M. Cervera a précisé qu’un policier avait été «sauvé» par son gilet pare-balles.

Sur place, les policiers ont retrouvé un pistolet avec de nombreux chargeurs vidés.
Les lieux de la fusillade s’apparentent à une «zone de guerre», a estimé James Cervera.
Le président Trump a été informé de la tragédie, a fait savoir la Maison-Blanche.

Megan Banton, 30 ans, était dans le bâtiment quand le tireur a ouvert le feu. «Cela m’a semblé une éternité», a-t-elle témoigné au journal local The Virginian-Pilot.

Arthur Felton est parvenu à évacuer l’immeuble après le début de la fusillade. «Je n’aurais jamais pensé que ça arrive dans mon bâtiment», a confié cet employé de la ville, cité également par le quotidien. «Les gens qui ont été touchés... je suis sûr que je connais la plupart d’entre eux», a-t-il précisé.

«C’est un jour atroce», a déclaré le gouverneur de l’État de Virginie, Ralph Northam, qui est arrivé sur place.

Bobby Dyer, le maire de cette station balnéaire qui abrite également une importante base de la marine militaire américaine, a parlé devant les journalistes «du jour le plus catastrophique de l’histoire de Virginia Beach».

«Nous prions pour notre ville, pour les vies perdues, pour leurs familles et tous ceux affectés», a tweeté le chanteur Pharrell Williams, originaire de Virginia Beach.

Les États-Unis sont régulièrement endeuillés par des fusillades de ce type.

Le droit de détenir une arme est garanti dans le pays par le deuxième amendement à la Constitution.

Il y a eu 150 fusillades ayant fait plus de quatre victimes -blessées ou décédées- depuis le début de l’année 2019, selon Gun Violence Archive, une ONG spécialisée.

La question des violences armées prend une dimension particulière en Virginie, car c’est dans cet État que siège la National Rifle Association (NRA), le premier lobby des armes aux États-Unis.

Cet État traditionnellement conservateur, mais qui se colore démocrate à mesure qu’il s’urbanise et se diversifie, a été le théâtre en 2007 d’une fusillade particulièrement meurtrière: un étudiant instable mentalement avait abattu 32 personnes sur le campus de l’université Virginia Tech.

Chaque fusillade meurtrière relance un débat sur la régulation des armes à feu, mais celui-ci tourne fréquemment à vide.

«C’est inacceptable que l’Amérique reste l’unique pays développé où ceci est habituel. Nous devons agir», a estimé, sur Twitter, le candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle 2020 Pete Buttigieg

«Nos coeurs vont vers tous ceux touchés par cet acte de violence armée insensée», a écrit l’association «Moms demand action», qui milite pour des lois plus strictes encadrant les armes.

Malgré la répétition de ces fusillades et de nombreux appels au changement, la législation fédérale n’a pratiquement pas évolué ces dernières années.