Trump affirme que Moscou l’a aidé à être élu, puis se rétracte

Le procureur spécial Robert Mueller, responsable de l’enquête russe, a indiqué qu’il n’avait pas rassemblé «de preuves» d’une entente entre Moscou et l’équipe de campagne du candidat Trump.
Photo: Eric Baradat Agence France-Presse Le procureur spécial Robert Mueller, responsable de l’enquête russe, a indiqué qu’il n’avait pas rassemblé «de preuves» d’une entente entre Moscou et l’équipe de campagne du candidat Trump.

Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi, pour la première fois, que la Russie l’avait aidé à être élu à la Maison-Blanche en novembre 2016, avant de faire rapidement machine arrière.

« Russie, Russie, Russie ! C’est tout ce qu’on entendait au début de cette chasse aux sorcières. Et aujourd’hui, la Russie a disparu parce que je n’avais rien à voir avec le fait que la Russie m’ait aidé à être élu », a tweeté le milliardaire américain.

Moins d’une heure plus tard, depuis les jardins de la Maison-Blanche, il corrigeait le tir. « Non, la Russie ne m’a pas fait élire », lançait-il, avant de s’envoler pour le Colorado.

« Vous savez qui m’a fait élire ? Je me suis fait élire », ajoutait le 45e président des États-Unis, qui avait suscité un tollé au sein de son propre camp lorsqu’il avait, lors d’une conférence de presse à Helsinki avec Vladimir Poutine, semblé accorder plus de valeur aux propos de son homologue russe qu’aux conclusions des agences de renseignement américaines sur ce sujet explosif.

Enquête russe

Ces propos contradictoires interviennent au lendemain de la première déclaration publique du procureur spécial Robert Mueller, qui a mené à bien l’enquête russe.

Dans un discours d’une dizaine de minutes, l’ancien patron de la police fédérale, le FBI, a redit qu’il n’avait pas rassemblé « de preuves » d’une entente entre Moscou et l’équipe de campagne du candidat Trump.

Mais il a aussi pris soin de souligner qu’il ne pouvait pas exonérer le président des soupçons d’entrave à la justice. « Si nous avions eu la conviction que le président n’avait clairement pas commis de délit, nous l’aurions dit », a-t-il lancé.

Le procureur spécial, un homme austère qui a mené ses investigations à l’écart des regards, a souhaité que son intervention publique mette un point final à son travail. Alors que les parlementaires démocrates ont évoqué l’idée de l’auditionner, il a « espéré » ne pas avoir à le faire.

« Russie, Russie, Russie ! C’est tout ce qu’on entendait au début de cette chasse aux sorcières. Et aujourd’hui, la Russie a disparu parce que je n’avais rien à voir avec le fait que la Russie m’ait aidé à être élu. »

« Je ne fournirai pas plus d’informations que ce qui est public si je devais témoigner au Congrès », a-t-il déclaré, renvoyant vers son rapport d’enquête, qui « parle de lui-même ».

Pour Donald Trump, l’affaire est close. « Pour moi, c’est identique au rapport […] C’est ce que nous disons : il n’y a pas d’obstruction, pas de collusion, il n’y a rien, rien si ce n’est une chasse aux sorcières », a-t-il martelé.

Interrogé sur le professionnalisme de M. Mueller, il a directement mis en doute son intégrité : « C’est quelqu’un qui n’aime pas Donald Trump ».

Si l’allocution de M. Mueller n’a pas apporté d’éléments véritablement nouveaux, elle a relancé les appels à entamer une procédure de destitution à l’encontre du milliardaire, un sujet qui divise profondément les démocrates.

Ces derniers disposent de la majorité à la Chambre des représentants et sont donc en mesure de lancer cette procédure d’impeachment. Mais compte tenu de la majorité républicaine au Sénat, il est presque certain qu’elle échoue.

Nombre de ténors démocrates sont cependant réticents à s’engager dans cette voie, craignant que cette bataille ne rende inaudible leur message de campagne et exaspère des électeurs, lassés des guerres politiques à Washington.