Joe Biden, choix de la raison des démocrates pour battre Trump

L'ancien vice-président américain Joe Biden a donné le coup d'envoi de sa campagne pour l'élection présidentielle à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 18 mai 2019.
Photo: Dominik Reuter Agence France-Presse L'ancien vice-président américain Joe Biden a donné le coup d'envoi de sa campagne pour l'élection présidentielle à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 18 mai 2019.

Six femmes, trois Noirs et une dizaine de jeunes candidats démocrates se présentent à la présidentielle américaine de 2020. Mais Denise Haley parie sur le vétéran septuagénaire de la politique Joe Biden pour battre Donald Trump en 2020.

Il peut « nous rassembler », espère-t-elle, faisant écho à une opinion assez partagée chez les électeurs démocrates qui offrent une bonne avance dans les sondages de ce début de course à l’ancien vice-président américain, âgé de 76 ans, face à ses plus de 20 concurrents.

Venue assister à Philadelphie à son premier grand meeting de campagne depuis l’annonce de sa candidature fin avril, cette sexagénaire noire, professionnelle du secteur de la santé, souligne que son choix de candidat ne dépendra pas de la couleur de peau ou de l’âge mais plutôt de sa capacité à gagner contre le président républicain.

« Je ne pense pas qu’on ait besoin d’être une femme ou noir pour le faire », explique-t-elle.

Parmi les milliers de supporteurs rassemblés à Philadelphie, en Pennsylvanie, beaucoup se réjouissaient de voir Joe Biden se positionner au-dessus de la mêlée démocrate dans un duel direct avec Donald Trump.

Après avoir basculé dans le camp républicain en 2016, cet État pourrait jouer un rôle clé lors de la prochaine présidentielle.

Biden « a le plus de chances de sortir Trump » de la Maison-Blanche, souligne Ankita Kalasabail, une lycéenne de 16 ans qui pourra voter en 2020.

Après 36 ans passés au Sénat et huit aux côtés du président démocrate Barack Obama, Joe Biden peut se targuer d’avoir le CV le plus solide face aux autres candidats qui veulent empêcher Donald Trump de décrocher un second mandat.

Mais son atout le plus précieux, selon Mickey Kirzecky, une consultante, est sa popularité auprès des ouvriers qui ont en partie permis à Donald Trump de gagner l’élection en 2016.

« Il pourrait être le candidat de l’apaisement », espère-t-elle.

Reflétant une diversité inédite, le groupe des 23 candidats à l’investiture démocrate est aussi composé de plusieurs progressistes poussant vers la gauche du parti et de nombreux prétendants de moins de 60 ans.

Mais l’âge du centriste Joe Biden, l’un des trois septuagénaires en lice pour la présidentielle avec le sénateur indépendant Bernie Sanders (77 ans) et Donald Trump (72 ans), ne compte pas pour Norda Lewis, une enseignante de 36 ans.

« Pour moi l’âge ne compte pas », explique-t-elle, en décrivant Joe Biden comme un « homme qui se bat pour le peuple », capable de séduire les démocrates traditionnels, les indépendants et même les ouvriers républicains.

« Capable de relever ce défi »

Pour John Lester, un graphiste de Philadelphie, l’âge du candidat Biden, qui aurait 78 ans à sa prise de fonctions, pourrait devenir un problème même s’il « a vraiment l’air d’être en bonne santé ».

Mais sa popularité chez de nombreux groupes d’électeurs et ses politiques modérées le font pencher vers Joe Biden, explique M. Lester, 61 ans.

« Je suis sensible à la question de la diversité » mais aller trop vite vers un programme progressiste dans une Amérique aussi divisée politiquement pourrait être contreproductif, s’inquiète-t-il.

Son excellente relation avec Barack Obama, le premier président noir des États-Unis, lui confère aussi une solide popularité chez les électeurs afro-américains, qui pourraient jouer un rôle crucial en 2020. Joe Biden a d’ailleurs pris soin de le mentionner à plusieurs reprises à Philadelphie.

Mais plusieurs épisodes jalonnant sa longue carrière risquent aussi de lui poser des problèmes, comme son soutien dans les années 1990 à une législation pénale qui avait frappé particulièrement durement les hommes noirs.

Ses habitudes très tactiles ont également été dénoncées par plusieurs femmes qui se sont récemment dites profondément gênées par ses gestes publics d’affection.

« Son heure est passée », avait tranché Laura Benedetto, 36 ans, employée d’une ONG spécialisée dans l’éducation, lorsqu’elle était allée voir jeudi la progressiste Elizabeth Warren qui faisait campagne en Virginie.

Pas du tout, rétorque une haute conseillère de Joe Biden, Symone Sanders.

Joe Biden « est capable de relever ce défi, il ne serait pas entré dans la course s’il ne l’était pas », affirme-t-elle à l’AFP.

« Nous sommes au sommet » des sondages, poursuit-elle « mais nous menons cette campagne comme si nous étions les derniers ».