Le taux de natalité est au plus bas depuis 32 ans

Une baisse de la natalité est observée dans l’ensemble des pays riches.
Photo: Loic Venance Agence France-Presse Une baisse de la natalité est observée dans l’ensemble des pays riches.

Le nombre de naissances aux États-Unis a encore chuté en 2018, atteignant le niveau le plus bas depuis 1986, confirmant une baisse de la natalité observée dans l’ensemble des pays riches, selon des statistiques américaines publiées mercredi.

Avec 3 788 235 naissances recensées en 2018, le nombre de nouveau-nés a baissé de 2 % par rapport à 2017, ont rapporté les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans leur étude annuelle. Jamais depuis 1986, quand les États-Unis comptaient 90 millions d’habitants de moins, aussi peu de bébés n’étaient nés dans le pays.

En prenant en compte la population, le tableau est plus alarmiste encore : le taux de fécondité est tombé au plus bas de l’histoire, à 1,728 enfant par femme. C’est bien en dessous du taux de remplacement de 2,1, sous lequel les États-Unis sont passés pour la première fois en 1971, et au-dessous duquel ils sont bloqués depuis une décennie.

« Les effets de la Grande Récession se font encore ressentir », dit à l’AFP le démographe William Frey, de la Brookings Institution. « Beaucoup de gens ont pris du temps avant de commencer leur vie. Beaucoup doivent rembourser des emprunts étudiants, beaucoup n’ont pas pu acheter de maison parce qu’il était difficile d’obtenir un prêt. » Mais « cela ne sera pas forcément aussi bas avec la prochaine génération », dit le chercheur.

Par comparaison, le taux de fécondité en France était de 1,88 enfant par femme en 2017. La fécondité y a diminué légèrement depuis 2015, sauf chez les femmes immigrées. Les États-Unis sont, en revanche, devant des pays comme le Japon, l’Italie et l’Allemagne.

Les données américaines ne distinguent pas les femmes américaines des immigrées. Historiquement, la fécondité des femmes hispaniques aux États-Unis a été plus élevée que celle des femmes blanches et noires. Cette différence persiste, mais s’atténue au fur et à mesure de l’intégration des immigrés hispaniques, selon William Frey. Alors qu’en 1980, 10 % des Hispaniques étaient nés aux États-Unis, ils étaient 37 % en 2015. « Les deuxième et troisième générations [d’immigrés] convergent vers le taux américain standard de fécondité, c’est le cas avec les Latinos », analyse M. Frey. « Mais eux aussi ont été touchés par la récession. »

Signe des temps, seule la fécondité des femmes de 35 à 44 ans a augmenté, confirmant la tendance de l’année précédente. Le nombre de naissances prématurées est en hausse pour la quatrième année consécutive pour atteindre 10 % en 2018.