Le régime iranien réduira ses engagements nucléaires

Le président Hassan Rohani visite des installations nucléaires iraniennes, le 4 avril dernier.
Photo: HO / Iranian Presidency / AFP Le président Hassan Rohani visite des installations nucléaires iraniennes, le 4 avril dernier.

L’Iran annoncera mercredi une réduction de ses engagements pris au titre de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, un an après la décision américaine de sortir unilatéralement de ce pacte, selon l’agence officielle Irna. « En réponse au retrait unilatéral des États-Unis […], la République islamique d’Iran annoncera mercredi sa décision de réduire ses engagements au regard de cet accord », a indiqué mardi soir l’agence iranienne.

Irna ne précise pas quels engagements Téhéran compte « réduire », mais indique que la décision iranienne sera communiquée aux ambassadeurs des cinq pays partenaires de l’Iran restant parties à cet accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) par le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi.

Un diplomate en poste à Téhéran a confirmé à l’AFP que les ambassadeurs des cinq pays avaient été invités à une rencontre au ministère des Affaires étrangères avec M. Araghchi mercredi, jour anniversaire de l’annonce de la sortie des États-Unis de l’accord, le 8 mai 2018. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, doit rencontrer mercredi à Moscou son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Levée partielle des sanctions

Lundi, l’agence semi-officielle iranienne Isna avait indiqué que Téhéran pourrait annoncer mercredi des « mesures de réciprocité », d’une nature non précisée, en réponse au retrait américain de l’accord. Selon Isna, il s’agirait de la « première étape » d’un « plan graduel de mise en œuvre de mesures de réciprocité contre le retrait » américain de l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 et face à « l’échec des Européens à tenir leurs engagements ».

D’après l’agence, les mesures iraniennes seront prises conformément aux articles 26 et 36 de l’accord de Vienne et seront compatibles avec le maintien de l’Iran au sein de ce pacte. Ces deux articles ouvrent la possibilité pour l’Iran de cesser de respecter tout ou partie ses engagements pris dans le cadre de ce texte en cas de manquement des États-Unis ou des autres parties à l’accord.

Par ce texte, validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, Téhéran a obtenu la levée d’une partie des sanctions internationales visant le pays. En échange, l’Iran a accepté de limiter radicalement son programme nucléaire et s’est engagé à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique. La sortie des États-Unis a entraîné le retour des sanctions américaines que Washington avait suspendues en application de l’accord. Les Européens ont essayé jusque-là, en vain, de donner à Téhéran des garanties lui permettant de contourner les sanctions américaines, qui frappent durement l’économie iranienne.