Bill Barr sur le gril du Sénat

Le ministre américain de la Justice, Bill Barr
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Le ministre américain de la Justice, Bill Barr

Sous le feu des critiques démocrates, le ministre américain de la Justice, Bill Barr, a défendu mercredi au Sénat sa gestion du rapport de Robert Mueller, le procureur responsable de l’enquête sur les ingérences russes dans la présidentielle de 2016, après la révélation de réserves émises par ce dernier.

« Vous avez choisi d’être l’avocat du président », « vous avez porté atteinte à votre crédibilité », « vous êtes partial » : les élus démocrates à la Commission judiciaire du Sénat n’ont pas ménagé Bill Barr, qui était entendu par le Congrès pour la première fois depuis la publication le 18 avril du rapport de Robert Mueller.

Sans se départir de son calme, le ministre s’est dit « absolument » à l’aise avec sa décision de ne pas poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice et avec la procédure retenue pour publier le rapport de Robert Mueller.

Plainte de Robert Mueller

Le ministre a également été interrogé sur un courrier que lui a adressé Robert Mueller le 27 mars pour se plaindre de la manière dont ses conclusions avaient été présentées initialement. Il ne se plaignait pas d’une présentation « inexacte » des faits, mais du manque de mise en « contexte », a assuré Bill Barr, en estimant que la publication du rapport avait mis un terme au problème.

Robert Mueller avait remis le 22 mars ses conclusions à Bill Barr, qui en a résumé les grandes lignes deux jours plus tard dans un courrier au Congrès. Donald Trump s’était alors dit « totalement exonéré » des soupçons « de collusion et d’obstruction ». Le procureur Mueller avait déploré, dans un courrier adressé ensuite au ministre, que sa présentation ne traduise pas « le contexte, la nature et la substance » des investigations. « Il y a maintenant une confusion du public à propos d’aspects critiques des résultats de notre investigation. Cela menace l’un des objectifs centraux pour lesquels le ministère a nommé un procureur spécial : assurer la pleine confiance du public dans les résultats de l’enquête », avait ajouté Robert Mueller.

La révélation mardi de l’existence de ce courrier a ravivé les attaques de l’opposition contre le ministre, et plusieurs démocrates l’ont appelé à démissionner.