Le rapport en bref

Le président américain, Donald Trump
Photo: Alex Brandon Associated Press Le président américain, Donald Trump
Trump a tenté de congédier Robert Mueller
Le 17 juin 2017, Donald Trump téléphone au conseiller juridique de la Maison-Blanche, Donald McGahn, chez lui. Il lui ordonne d’appeler Jeff Sessions, procureur général des États-Unis, pour lui dire que Robert Mueller est en conflit d’intérêts dans son enquête et qu’il doit être démis de ses fonctions. McGahn refuse et menace de démissionner plutôt que de déclencher un autre « Massacre du samedi soir » (référence à une purge dans l’appareil judiciaire orchestrée par Nixon à l’époque du Watergate).

Trump a tenté de dissimuler sa manigance
Quand l’intervention du président pour limoger Mueller fait la manchette, Donald Trump fait pression sur Donald McGahn pour qu’il nie la chose et demande à de hauts gradés de la Maison-Blanche d’établir publiquement son innocence dans l’affaire. Trump va accentuer la pression sur McGahn dans le Bureau ovale, et lui demande pourquoi il a parlé à Robert Mueller des intentions du président et pourquoi il prend des notes de ses rencontres avec lui. Le conseiller ne cédera pas et parle d’une rencontre visant à tester sa loyauté.

Trump a voulu limiter l’enquête Mueller
Donald Trump passe deux jours plus tard par Corey Lewandowski, un ancien de son équipe de campagne, pour qu’il incite Jeff Sessions à faire une déclaration publique établissant le caractère « très injuste » de l’enquête Mueller pour le président, mais aussi le fait que Trump « n’a rien à se reprocher ». Selon lui, Sessions doit forcer Mueller à poursuivre son enquête, oui, mais seulement sur les ingérences étrangères lors de prochaines élections. Pas durant celles qui viennent de se dérouler.

Trump a minimisé une rencontre avec les Russes
À l’été 2017, Donald Trump a cherché à empêcher la publication de courriels confirmant qu’une rencontre a eu lieu le 9 juin 2019 entre sa garde rapprochée et des représentants du gouvernement russe à la Trump Tower. Il a corrigé par la suite un communiqué de presse écrit par son fils qui parlait d’une « personne disant avoir des informations profitables pour la campagne » pour faire état de discussion lors de cette réunion sur « l’adoption d’enfants russes ».

Trump a voulu placer un homme de confiance
En octobre 2017, Donald Trump demande à Jeff Sessions d’envisager l’ouverture d’une enquête sur les Clinton. En décembre, il l’invite, selon les notes d’un conseiller, à reprendre le contrôle de l’enquête sur l’ingérence russe pour devenir ainsi un « héros ». Sessions s’était récusé en raison de ses liens avec la campagne de Trump. « Je ne vais rien faire ou te forcer à faire quelque chose. Je veux juste être traité avec justice », lui aurait-il dit.

Trump a eu l’espoir de s’en sortir en limogeant Comey
Selon la Maison-Blanche, le limogeage de James Comey, patron du FBI, a été motivé par la façon dont il aurait géré l’enquête sur les courriels d’Hillary Clinton. Pourtant, le lendemain, Trump aurait dit à un représentant russe qu’il avait été « sous pression à cause de la Russie », mais que le départ de James Comey venait désormais alléger tout ça. Le 14 février 2017, la démission de Michael Flynn avait été perçue de la même façon. « Maintenant que nous avons viré Flynn, le truc russe, c’est terminé », aurait-il devant des conseillers qui n’étaient pas tous d’accord.