Trump met son veto sur l’arrêt de tout engagement militaire au Yémen

Le président américain, Donald Trump
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump

Comme attendu, Donald Trump a mis mardi son veto à une résolution du Congrès qui l’exhortait à arrêter tout soutien américain à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen, s’opposant pour la deuxième fois en deux mois à une décision du parlement américain.

« Cette résolution est une tentative inutile et dangereuse d’affaiblir mes pouvoirs constitutionnels, mettant en danger des vies de citoyens américains » a déclaré dans un communiqué M. Trump à propos de ce texte adopté par les deux chambres du Congrès au début du mois.

Cette séquence politique avait été perçue comme un camouflet pour le président républicain, compte tenu de sa majorité au Sénat.

Le Congrès avait utilisé une loi votée en 1973 pour limiter les pouvoirs militaires du président dans un conflit à l’étranger.

Les Parlementaires avaient appelé à la fin des opérations militaires au Yémen, où depuis 2015, le Pentagone fournit un « soutien non combattant » à la coalition menée par l’Arabie saoudite, alliée historique des États-Unis.

Les rapports entre Ryad et Washington se sont considérablement refroidis après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en octobre 2018, par un commando venu de Ryad.

La réaction tiède de Donald Trump face au jeune prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane — considéré comme « responsable » du meurtre par le Sénat américain — avait indigné jusque dans ses rangs.

« Nous fournissons ce soutien pour plusieurs raisons. D’abord, c’est notre devoir de protéger la sécurité des plus de 80 000 Américains qui résident dans certains pays de la coalition qui ont été victimes d’attaques de Houthis depuis le Yémen », explique le président américain dans le communiqué, transmis par la Maison-Blanche.

C’est la deuxième fois que Donald Trump se retrouve obligé d’opposer son veto à un texte voté par le Congrès : en mars, le parlement américain avait bloqué la procédure d’urgence qu’il avait décrétée pour débloquer des fonds dédiés à la construction du mur qu’il souhaite ériger à la frontière avec le Mexique.

Un blocage parlementaire qu’il avait choisi de contourner en mettant son propre veto.