Trump se dit favorable à la souveraineté d’Israël sur le Golan

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (à droite), s’est rendu au mur des Lamentations à Jérusalem avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou.
Photo: Abir Sultan Pool Agence France-Presse Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (à droite), s’est rendu au mur des Lamentations à Jérusalem avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou.

Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est déclaré jeudi favorable à la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, une décision en rupture avec la position américaine depuis des décennies dans ce dossier délicat.

Israël a conquis une grande partie du Golan, soit 1200 km2, lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l’a annexée en 1981, mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion.

« Après 52 ans, il est temps pour les États-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, qui a une importance stratégique pour l’État d’Israël et la stabilité régionale », a écrit sur Twitter le président américain au moment même où le chef de diplomatie Mike Pompeo se trouvait à Jérusalem.

À l’approche des élections législatives du 9 avril, cette annonce est un véritable coup de pouce pour le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, qui réclame cette reconnaissance avec insistance et est attendu à la Maison-Blanche en début de semaine prochaine.

« Merci, président Trump ! » a-t-il répondu sur Twitter immédiatement après l’annonce de l’ancien homme d’affaires new-yorkais, dont il a loué le « courage ».

Au pouvoir depuis une décennie, M. Nétanyahou met inlassablement en avant sa relation privilégiée avec le locataire de la Maison-Blanche et s’en sert d’argument dans la campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables.

Fin 2017, Donald Trump, qui affiche un soutien à toute épreuve envers Israël, a unilatéralement reconnu Jérusalem comme capitale de ce proche allié, allant à l’encontre de la diplomatie traditionnelle américaine et du consensus international, au grand dam notamment des dirigeants palestiniens.

Mi-novembre, les États-Unis ont pour la première fois voté contre une résolution de l’ONU considérant l’annexion israélienne du Golan « nulle et non avenue ». C’est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d’Israël.

Droit international

Dans son rapport annuel sur les droits de la personne dans le monde, publié il y a dix jours, Washington avait pris soin de ne plus parler du Golan syrien comme d’un territoire « occupé par Israël », signe interprété par nombre d’observateurs comme l’annonce d’un changement de pied à venir.

La présidence palestinienne avait aussitôt dénoncé un nouvel acte hostile s’inscrivant dans la logique du gouvernement Trump visant à « liquider la cause palestinienne ».

« Ces dénominations américaines ne changent rien au fait que le territoire palestinien occupé depuis 1967 et le Golan arabe occupé sont des territoires sous occupation israélienne au regard des résolutions des Nations unies et du droit international », avait souligné son porte-parole Nabil Abou Roudeina.

La direction palestinienne internationalement reconnue et basée à Ramallah (Cisjordanie occupée) refuse de parler au gouvernement Trump, qu’elle accuse de parti pris outrancier pro-israélien.

Dans son tweet de remerciement à M. Trump, M. Nétanyahou souligne que sa décision est d’autant plus importante qu’elle survient au moment où « l’Iran cherche à utiliser la Syrie comme une plateforme pour détruire Israël ».

Israël a récemment accusé le Hezbollah, l’un de ses ennemis, d’établir secrètement dans le Golan syrien, près du territoire sous son contrôle, un réseau militaire commandé par une figure du mouvement chiite libanais.

L’objectif de ce réseau, qui serait commandé par le Libanais Ali Moussa Daqdouq, est de disposer à terme de forces prêtes à attaquer Israël, selon l’armée israélienne.

Le Hezbollah et l’Iran sont intervenus aux côtés du régime de Bachar al-Assad, également soutenu par Moscou, dans la guerre civile en Syrie. Israël fait campagne sans relâche contre cette présence du Hezbollah et de l’Iran chez son voisin syrien.