Des journalistes et militants humanitaires fichés par les États-Unis

Parmi les individus fichés par la police des frontières figurent dix journalistes, dont sept de nationalité nord-américaine, un avocat américain et quarante-sept personnes originaires des États-Unis ou d’autres pays qui sont qualifiées d’organisateurs, d’instigateurs ou dont les rôles sont «inconnus».
Photo: Guillermo Arias Archives Agence France-Presse Parmi les individus fichés par la police des frontières figurent dix journalistes, dont sept de nationalité nord-américaine, un avocat américain et quarante-sept personnes originaires des États-Unis ou d’autres pays qui sont qualifiées d’organisateurs, d’instigateurs ou dont les rôles sont «inconnus».

Les autorités américaines ont créé une base de données secrète sur les journalistes et les militants humanitaires qui ont suivi une caravane de migrants d’Amérique centrale qui avait tenté de pénétrer aux États-Unis depuis le Mexique l’an dernier, a rapporté le groupe de télévision NBC.

Dans certains cas, les autorités ont même divulgué leurs passeports pour des signalements, a indiqué NBC 7, une chaîne locale du groupe, citant des documents obtenus auprès d’une source du ministère de l’Intérieur qui a demandé à ne pas être nommée.

Ces documents recensent des personnes qui devaient être contrôlées à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, selon cette source.

Parmi les individus fichés par la police des frontières figurent dix journalistes, dont sept de nationalité nord-américaine, un avocat américain et quarante-sept personnes originaires des États-Unis ou d’autres pays qui sont qualifiées d’organisateurs, d’instigateurs ou dont les rôles sont « inconnus ».

La liste comprend des partisans d’associations de défense des migrants comme Border Angels (Les Anges de la frontière) et Pueblo Sin Fronteras (Peuple sans frontières), a précisé NBC 7.

Non seulement des individus ont été signalés pour qu’ils soient contrôlés, mais des dossiers ont également été constitués sur chacune des personnes fichées, a affirmé la source du ministère de l’Intérieur.

« Nous sommes une agence d’enquêtes criminelles, pas une agence de renseignement. Nous ne pouvons pas monter des dossiers sur des gens. Or, ils montent des dossiers. C’est un abus [du rôle des agents frontaliers] », a-t-elle déploré auprès de NBC 7.

Interrogé par la chaîne de télévision, un porte-parole du Service des douanes et de protection des frontières a refusé de confirmer ou de démentir la validité des documents présentés par NBC 7.

Des caravanes de migrants partent régulièrement d’Amérique centrale vers les États-Unis, malgré les efforts du gouvernement Trump pour endiguer l’immigration clandestine.