Bernie Sanders se lance dans la course à la Maison-Blanche

«Notre campagne n’a pas pour seul objectif de battre Donald Trump», promet Bernie Sanders, mais aussi de transformer le «pays et [de] créer un gouvernement basé sur les principes de justice économique, sociale, raciale et environnementale».
Photo: Alex Brandon Associated Press «Notre campagne n’a pas pour seul objectif de battre Donald Trump», promet Bernie Sanders, mais aussi de transformer le «pays et [de] créer un gouvernement basé sur les principes de justice économique, sociale, raciale et environnementale».

Le sénateur indépendant Bernie Sanders, candidat malheureux aux primaires démocrates de 2016 face à Hillary Clinton, s’est relancé mardi dans la course à la Maison-Blanche, avec en ligne de mire Donald Trump.

En annonçant mardi son intention de briguer l’investiture démocrate à l’élection présidentielle, le sénateur du Vermont n’a pas caché son ambition : la victoire.

« Nous allons gagner », a-t-il répondu à un journaliste de la chaîne CBS l’interrogeant sur la différence entre ces deux campagnes.

Bernie Sanders, 77 ans, visage désormais très connu de la politique américaine, est l’un des favoris parmi la dizaine de candidats qui se sont déjà lancés dans la course démocrate pour déloger le 45e président américain de la Maison-Blanche.

Nous avons besoin d’un président qui comprend que le changement climatique est réel

Le natif de Brooklyn, aux idées nettement marquées à gauche, qui assume l’étiquette « socialiste », a attaqué férocement le milliardaire républicain en annonçant sa candidature.

Donald Trump est un « menteur pathologique », a tancé ce pourfendeur de Wall Street lors d’un entretien avec une radio du Vermont à qui il avait réservé son annonce.

« C’est un raciste, un sexiste, un homophobe, un xénophobe, quelqu’un qui grappille des gains politiques à bon marché en tentant de s’en prendre aux minorités, souvent des immigrants sans papiers », a tonné Bernie Sanders.

« Nous avons besoin d’un président qui comprend que le changement climatique est réel, est une menace existentielle pour notre pays et pour notre planète », a également lancé M. Sanders dans une vidéo.

Sur cette vidéo longue d’une dizaine de minutes, très formelle, Bernie Sanders, face à la caméra, insiste : « Notre campagne n’a pas pour seul objectif de battre Donald Trump, le président le plus dangereux dans l’histoire moderne américaine », promet-il, mais aussi de transformer le « pays et [de] créer un gouvernement basé sur les principes de justice économique, sociale, raciale et environnementale ».

La « révolution politique »

Lorsqu’il s’était présenté aux primaires démocrates en 2016, Bernie Sanders faisait figure d’outsider, avant de tenir Hillary Clinton en haleine. Celle-ci l’avait finalement emporté, avant d’être battue par Donald Trump.

La campagne de Bernie Sanders avait suscité un engouement important, notamment auprès des jeunes, avec des idées considérées à l’époque comme radicales mais aujourd’hui défendues par d’autres démocrates, comme la benjamine du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez, ancienne de la campagne Sanders de 2016, et bon nombre de candidats actuels à la primaire.

Couverture santé universelle, université publique gratuite et salaire minimum à 15 $, Bernie Sanders l’assure, beaucoup de ses idées mises en avant en 2016 sont maintenant « très, très populaires ».

Mais la route est longue vers le 1600 Pennsylvania Avenue à Washington. La popularité des idées progressistes de Bernie Sanders, qui appelle au renouvellement des élites, risque de se heurter à son profil, un septuagénaire blanc déjà candidat en 2016, alors que les autres prétendants affichent cette fois une grande diversité.