Cory Booker, ex-maire de Newark, se lance dans la course à la présidence

Souvent comparé à Barack Obama, Cory Booker a été élu au Sénat en 2013, et ce, après sept années à diriger la ville de Newark.
Photo: Julio Cortez Associated Press Souvent comparé à Barack Obama, Cory Booker a été élu au Sénat en 2013, et ce, après sept années à diriger la ville de Newark.

Il ne veut pas seulement être le 9e candidat à entrer dans la course à l’investiture démocrate en vue des élections de 2020 aux États-Unis. Il veut aussi devenir le deuxième président afro-américain de l’histoire du pays. Vendredi, l’ex-maire de Newark et sénateur du New Jersey, Cory Booker, a mis fin aux spéculations en se lançant officiellement dans la course à la présidence.

À près d’un an des primaires de son parti, l’élu de 49 ans se présente, comme plusieurs autres, en politicien du rassemblement et de l’unité nationale capable de sortir le pays de sa colère ambiante. Il va toutefois entrer en compétition avec Kamala Harris, sénatrice de la Californie entrée dans la course le 21 janvier, dont les attributs idéologiques sont presque similaires quant au vote progressiste et à celui des minorités.

« Aux États-Unis, nous avons une douleur commune, mais ce qu’il nous manque, c’est un but commun », a résumé Cory Booker dans une vidéo lancée vendredi, le premier jour du Mois de l’histoire des Noirs. La veille, il a multiplié les appels personnels à plusieurs membres du Congrès et membres du Caucus noir américain, dont il est un membre actif, pour s’assurer de leurs appuis dans cette course, a indiqué le quotidien politique américain The Hill.

« Cette candidature n’est pas une surprise, a commenté en entrevue au Devoir Valérie Beaudoin, chercheuse associée à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. On s’attendait à le voir apparaître dans la liste des candidats à l’investiture démocrate. Il est très impliqué dans la communauté afro-américaine. Il se fait voir auprès des minorités. Il parle espagnol. C’est une candidature que les démocrates cherchent à faire monter. »

« Il y a plus de 20 ans, j’ai déménagé dans le quartier central de Newark pour combattre les propriétaires de taudis sans scrupule et aider les familles à rester chez elles, explique Booker dans sa vidéo. J’y vis encore aujourd’hui et je suis le seul sénateur à rentrer chez moi dans une communauté à faible revenu située dans les quartiers déshérités — la première communauté à m’avoir donné ma chance [en politique]. »

Souvent comparé à Barack Obama, il a été élu au Sénat en 2013, et ce, après sept années à diriger la ville de Newark. Il est un habile communicateur qui sait tirer profit des caméras. En 2016, Hillary Clinton avait jonglé avec la possibilité d’en faire son colistier. Il a toutefois la particularité d’être célibataire et sans enfants, ce qui n’est pas banal dans le paysage politique américain. Il faut en effet remonter à 1884 et à l’élection de Chester Cleveland pour trouver le dernier président célibataire élu.

La candidature de Cory Booker ajoute de la diversité à la brochette de candidats qui ont à ce jour dévoilé officiellement leurs ambitions présidentielles. Parmi eux se trouvent Kamala Harris, autre figure montante du renouveau démocrate, la progressiste aux accents populistes Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, mais aussi Kirsten Gillibrand, sénatrice de l'État de New York, Tulsi Gabbard, élue d’Hawaï à la Chambre des représentants, ou Julián Castro, ex-secrétaire au Logement sous Obama.

Le sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, l’ex-élu à la Chambre Beto O’Rourke et l’ex-vice-président Joe Biden pourraient également annoncer leur candidature dans les prochaines semaines, alors que le sénateur de Virginie, Richard Ojeda, a retiré la sienne la semaine dernière.

Avec l'Agence France-Presse