Les États-Unis perdent des plumes dans le classement de Transparency International

«La présidence Trump a mis en lumière les failles du système américain pour garantir un gouvernement responsable envers l’intérêt public», explique Zoe Reiter, représentante par intérim de TI aux États-Unis.
Photo: Alex Edelman Agence France-Presse «La présidence Trump a mis en lumière les failles du système américain pour garantir un gouvernement responsable envers l’intérêt public», explique Zoe Reiter, représentante par intérim de TI aux États-Unis.

L’ONG Transparency International a dénoncé mardi dans son rapport annuel les atteintes aux contre-pouvoirs dans les États-Unis du président américain Donald Trump.

Les États-Unis, avec un score de 71 sur 100 (en baisse de 4 points), glissent pour la première fois depuis 2011 hors du top 20 des pays où la perception de la corruption est la moins aiguë, selon le rapport annuel de l’ONG, basée à Berlin.

Transparency International classe chaque année 180 pays en fonction de leur niveau perçu de corruption dans le secteur public.

Le classement reste dominé comme les années précédentes par les pays nordiques, avec le Danemark en tête, et la Nouvelle-Zélande (2e). La Somalie reste en bas du classement, derrière le Yémen, le Sud-Soudan et la Syrie.

Le « faible score » des États-Unis « intervient à un moment où ils sont confrontés à des menaces sur leur système de freins et contre-pouvoirs, ainsi qu’à une érosion des normes éthiques aux plus hauts niveaux de pouvoir », explique TI.

La deuxième année du mandat de M. Trump a il est vrai été mouvementée, des révélations sur les liens supposés entre son équipe de campagne et la Russie à son soutien controversé à un candidat de la Cour suprême accusé d’agression sexuelle, en passant par des soupçons de népotisme.

« La présidence Trump a mis en lumière les failles du système américain pour garantir un gouvernement responsable envers l’intérêt public », explique à l’AFP Zoe Reiter, représentante par intérim de TI aux États-Unis.

« Mais le président Trump est un symptôme plutôt qu’une cause, les problèmes existaient avant son entrée en fonction », ajoute-t-elle, citant l’incapacité du système américain à prévenir les conflits d’intérêts.

TI pointe aussi du doigt la Turquie et la Hongrie, en baisse au classement, blâmant « la détérioration de l’État de droit et des institutions démocratiques, ainsi que la réduction rapide de l’espace de la société civile et des médias indépendants ».

« Alors que de nombreuses institutions démocratiques sont menacées à travers le monde, souvent par des dirigeants aux tendances autoritaires ou populistes, nous devons faire davantage pour renforcer les freins et contrepoids et protéger les droits des citoyens », préconise Patricia Moreira, directrice générale de TI.

Parmi ses recommandations, TI exhorte les gouvernements à défendre la liberté de la presse et à soutenir les organisations de la société civile qui s’efforcent de contrôler les dépenses publiques.

La position du Canada

Le Canada se classe cette année au 9e rang, à l’égalité avec le Luxembourg, dans le classement de perception de la corruption. Il se mérite un score de 81 sur 100, en recul par rapport aux dernières années. En 2017 et 2016, le Canada se valait une note de 82, tandis qu’il obtenait 83 en 2015.

« Le score du Canada réflète ce que beaucoup de Canadiens savent déjà : notre pays n’est pas parfait », écrivait aujourd’hui la branche canadienne de TI dans une note accompagnant la publication du rapport.

Transparency International Canada a lancé l’année dernière le « Western Canada Corruption Barometer », afin d’en savoir plus sur la perception des habitants de l’ouest du pays en matière de corruption. D’importantes proportions d’entre eux pensent que le gouvernement fédéral (40 %) ou le secteur des affaires (39 %) sont touchés par la corruption. L’immobilier à Vancouver serait « extrêmement corrompu », selon 37 % des répondants de la métropole de la côte pacifique.