Le numéro deux du département de la Justice sur le départ

Rod Rosenstein a fait une belle carrière au sein de l’administration pénale, au service de cinq présidents.
Photo: Mandel Ngan Archives Agence France-Presse Rod Rosenstein a fait une belle carrière au sein de l’administration pénale, au service de cinq présidents.

Le numéro deux du département américain de la Justice, Rod Rosenstein, qui supervise la tentaculaire enquête russe, devrait quitter son poste d’ici quelques semaines, rapportent mercredi de nombreux médias américains.

Le procureur général adjoint des États-Unis, dont le limogeage a plus d’une fois semblé imminent, souhaite partir après la confirmation au Sénat du nouveau secrétaire à la Justice, William « Bill » Barr, selon des sources anonymes citées dans plusieurs médias, dont le New York Times et le Washington Post.

Nommé par le président Donald Trump après le limogeage de son prédécesseur Jeff Sessions, William Barr doit être auditionné les 15 et 16 janvier par la commission sénatoriale de la Justice avant un vote en séance plénière, conformément à la Constitution.

Il est assez logique que le nouveau secrétaire puisse ensuite choisir son adjoint.

Rod Rosenstein « a toujours dit qu’il comptait rester deux ans environ » au gouvernement, a souligné mercredi la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, sans infirmer ni confirmer son départ.

Ce haut fonctionnaire, qui aura 54 ans dimanche, a fait une belle carrière au sein de l’administration pénale, au service de cinq présidents. Il avait été confirmé au département de la Justice avec le soutien des républicains et des démocrates.

Au poste de numéro deux, il est responsable de la gestion au quotidien de l’énorme machine judiciaire américaine, mais ne devait pas en théorie trop s’occuper de politique.

Il s’est pourtant retrouvé au coeur de la tourmente quelques jours seulement après son arrivée au gouvernement.

Après le limogeage du chef du FBI James Comey par Donald Trump, il avait nommé en mai 2017 le procureur spécial Robert Mueller pour diriger l’enquête ultra-sensible sur les soupçons de collusion entre Moscou et l’équipe électorale du milliardaire républicain lors de la présidentielle de 2016.

Son supérieur Jeff Sessions s’étant récusé dans ce dossier, Rod Rosenstein a récupéré le contrôle hiérarchique du procureur Mueller.

En 20 mois, il a validé ses demandes — y compris une perquisition au domicile de l’ancien avocat de Donald Trump —, s’attirant les foudres du président qui dénonce sans cesse une « chasse aux sorcières ».

Depuis le limogeage de Jeff Sessions, le secrétaire à la Justice par intérim, Matthew Whitaker, a en théorie repris la supervision de l’enquête Mueller.