Donald Trump campe sur ses positions et veut son mur

Donald Trump réclame plus de cinq milliards pour édifier son mur et ainsi contrer l’immigration clandestine, sans quoi il n’apposera pas sa signature sur quelconque loi budgétaire.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Donald Trump réclame plus de cinq milliards pour édifier son mur et ainsi contrer l’immigration clandestine, sans quoi il n’apposera pas sa signature sur quelconque loi budgétaire.

« Cela pourrait durer longtemps ». Le président Donald Trump a démarré l’année comme il avait terminé la précédente : sur fond de blocage budgétaire et de tweets provocateurs critiquant l’opposition démocrate, qui refuse de financer son mur à la frontière avec le Mexique.

Car son mur, il y tient dur comme fer. Au point de prolonger s’il le faut le shutdown qui paralyse partiellement la Maison-Blanche depuis près de deux semaines. « Je crois que les gens de ce pays pensent que j’ai raison », a indiqué M. Trump mercredi, rejetant encore une fois la faute sur le Parti démocrate et semblant convaincu de gagner la bataille de l’opinion publique.

Les négociations sur la loi budgétaire sont au point mort aux États-Unis. Le président a d’ailleurs rencontré les ténors du Congrès des deux camps politiques à la Maison-Blanche mercredi, pour discuter de la sécurité aux abords de la frontière avec le Mexique. Car là est le nerf de la guerre : Donald Trump réclame plus de cinq milliards pour édifier son mur et ainsi contrer l’immigration clandestine, sans quoi il n’apposera pas sa signature sur quelconque loi budgétaire. Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat, mais toute loi budgétaire doit être adoptée par 60 voix sur 100 à la Chambre haute, et ils ne peuvent donc se passer des démocrates.

Or l’opposition ne l’entend pas de cette oreille, considérant cette solution comme inadaptée au complexe et houleux débat sur l’immigration. La porte-parole pour le camp démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, compte proposer jeudi un texte qui prévoit l’adoption des budgets de la plupart des départements du gouvernement jusqu’au 30 septembre, mais en se limitant au 8 février en ce qui concerne le financement du budget du département de la Sécurité intérieure, qui supervise la sécurité des frontières.

On risque d’être plongé encore quelque temps dans une fermeture partielle du gouvernement, si les camps restent sur leur position. Combien de temps ? Difficile à dire, mais Donald Trump tient mordicus à ces milliards pour son mur et je vois mal les démocrates les lui accorder.

 

Une proposition balayée du revers de la main par Donald Trump. « Les 5,6 milliards sont un montant tellement petit et il s’agit de sécurité nationale », a-t-il martelé, refusant d’indiquer si ce chiffre était toutefois négociable.

Vers un compromis ?

« On risque d’être plongé encore quelque temps dans une fermeture partielle du gouvernement, si les camps restent sur leur position. Combien de temps ? Difficile à dire, mais Donald Trump tient mordicus à ces milliards pour son mur et je vois mal les démocrates les lui accorder », estime Vincent Boucher, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

Un compromis devra être trouvé plus vite qu’on ne le croit, selon lui, alors que les effets du shutdown devraient davantage se faire ressentir dans les prochaines semaines. « Les conséquences réelles ont été dissipées par la période des Fêtes, où certains services sont habituellement suspendus. Mais tout va tranquillement reprendre, et 420 000 employés forcés de travailler sans recevoir de paie, ce n’est pas rien », poursuit le chercheur.

Il croit de plus que les démocrates américains — qui doivent s’emparer officiellement jeudi de la majorité à la Chambre des représentants — n’ont pas une minute à perdre s’ils veulent mener à bien les multiples enquêtes et projets de loi promis.

« Projet de loi sur la construction d’infrastructures, régularisation des coûts des médicaments génériques, enquête parlementaire sur la possible collusion avec la Russie pendant la campagne électorale : ils ont du pain sur la planche et rien ne se fera sans la collaboration des républicains. Côté républicain, on acceptera sûrement un compromis tout en sachant que c’est sûrement la dernière chose que les démocrates leur accorderont », croit Vincent Boucher.

À ses yeux, les deux dernières années du mandat du locataire actuel de la Maison-Blanche s’annoncent difficiles. La crédibilité de Donald Trump risque d’en prendre un coup alors qu’il devra vraisemblablement faire face à diverses enquêtes parlementaires et pourrait se voir forcé de dévoiler ses déclarations de revenus. C’est sans parler d’une possible procédure de destitution.

Face à la fronde, le président américain pourra se consoler avec sa majorité renforcée au Sénat, qui sera en position d’approuver plus aisément ses candidats à des postes cruciaux, notamment les magistrats de la puissante Cour suprême.

Avec l'Agence France-Presse

Mitt Romney exprime ses doutes sur la stature de Trump

L’ancien candidat républicain à la présidentielle américaine de 2012, Mitt Romney, a remis en question la stature de Donald Trump. « Sa conduite ces deux dernières années et tout particulièrement ses mesures ce mois-ci démontrent que le président n’a pas endossé le costume de sa fonction », a-t-il déploré dans une tribune du Washington Post.

Sans vouloir réagir à chaque tweet ou polémique du président, il a averti qu’il dénoncerait sans relâche ses propos ou mesures « racistes, sexistes, contre les immigrés, malhonnêtes ou qui sapent les institutions démocratiques ».

Une sortie publique qui laisse présager que Mitt Romney, sur le point de devenir sénateur républicain, pourrait adopter une posture semblable à celle de l’ancien sénateur républicain Jeff Flake, qui multipliait les critiques à l’encontre de M. Trump.

Un détail qui n’a d’ailleurs pas échappé au locataire de la Maison-Blanche. « Allons-y avec Mitt Romney, a-t-il rétorqué sur Twitter. Mais [pas] si vite ! La question sera : est-il un autre [Jeff] Flake ? J’espère que non. Je préférerais de loin que Mitt se concentre sur la sécurité frontalière et tant d’autres choses où il peut être utile. »
2 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 3 janvier 2019 00 h 17

    Trump

    dit n'importe quoi et son contraire et d'un jour à l'autre, selon l'humeur de Fox News, change d'idée. Il a le don de se peinturer dans un coin, puis il salit ses soulier en allant dans un autre coin ne voyant même pas la porte qui est ouverte par où il pourrait sortir même avec les soulier souillés.

  • Michel Lebel - Abonné 3 janvier 2019 10 h 45

    Bébé gâté!

    Plus ridicule que Trump, tu meurs! Le ''petit'' Donald, bébé gâté, veut son mur bien à lui. Navrant personnage que ce Trump. Il devrait avoir deux années bien difficiles devant lui. Il faut cependant espérer que son mandat sera écourté, ce qui est fort imaginable.

    M.L.