Le bras de fer budgétaire se poursuit

À la veille de la mise en place du nouveau Congrès, où les démocrates contrôleront désormais la Chambre des représentants, les négociations sur la loi budgétaire sont à l’arrêt, les deux camps se renvoyant la balle dans un débat stérile.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse À la veille de la mise en place du nouveau Congrès, où les démocrates contrôleront désormais la Chambre des représentants, les négociations sur la loi budgétaire sont à l’arrêt, les deux camps se renvoyant la balle dans un débat stérile.

Au 12e jour du « shutdown », les discussions ont de nouveau été stériles : Donald Trump s’est montré inflexible sur le mur qu’il veut édifier à la frontière avec le Mexique, ses adversaires démocrates ont réaffirmé leur refus catégorique de le financer.
 

« Cela pourrait durer longtemps », a lancé le président américain en évoquant le « shutdown », ou paralysie partielle de l’administration fédérale. Il a convié les responsables des deux bords à une nouvelle rencontre vendredi.
 

À la veille de la mise en place du nouveau Congrès — le 116e de l’Histoire — où les démocrates contrôleront désormais la Chambre des représentants, les deux camps ont continué à se renvoyer la balle sans bouger d’un iota.
 

À l’issue d’une réunion à la Maison-Blanche, Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, a déploré que le président et les élus républicains prennent les Américains « en otage ».
 

Donald Trump réclame plus de 5 milliards de dollars pour édifier son mur afin de lutter contre l’immigration clandestine. Ses adversaires politiques s’y opposent, jugeant que le « magnifique mur » vanté par le magnat de l’immobilier n’est en aucun cas une réponse adaptée au débat complexe sur l’immigration.
 

Concrètement, les démocrates présenteront jeudi à la Chambre des représentants un texte que l’équipe Trump a par avance rejeté.
 

Nancy Pelosi, prochaine « speaker » démocrate, a proposé de scinder le problème en deux : adopter les budgets de la plupart des administrations jusqu’au 30 septembre tout en ne finançant que jusqu’au 8 février le budget sensible du département de la Sécurité intérieure.
 

Mais Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain, a d’ores et déjà averti que cette démarche était vouée à l’échec car « elle ne garantit pas la sécurité aux frontières » et « place les besoins d’autres pays au-dessus » de ceux des citoyens américains.
 

Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat mais toute loi budgétaire devant être adoptée par 60 voix sur 100 à la chambre haute, ils ne peuvent se passer des démocrates.


«La roue, le mur»

 

Visiblement confiant dans sa capacité à gagner la bataille de l’opinion publique — « Je crois que les gens de ce pays pensent que j’ai raison » — Donald Trump continue à défendre bec et ongles le bien-fondé de sa promesse emblématique de campagne.
 

« La roue, le mur : il y a des choses qui ne vieillissent jamais », a-t-il lancé lors d’une réunion avec son équipe gouvernementale. Il a aussi ironisé sur ceux qui jugent que construire un mur à la frontière serait immoral, soulignant que le Vatican était entouré « du plus grand mur qui soit ».
 

Le sénateur démocrate Dick Durbin, qui a participé à la réunion, a résumé la position des démocrates : favorables à une sécurité aux frontières « forte », mais opposés à un mur « médiéval », « coûteux » et « inefficace ».
 

Le président américain, qui a renoncé cette année à ses vacances dans son luxueux club de Mar-a-Lago en Floride, multiplie depuis plusieurs jours les tweets rageurs, parfois contradictoires, sur le mur et son financement.
 

« La plus grande partie du mur a déjà été complètement rénovée ou construite », a-t-il tweeté mercredi matin, contre toute évidence.
 

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu’il attendrait désormais d’être certain qu’un texte puisse passer les deux chambres puis être promulgué par Donald Trump avant de le soumettre au vote.
 

« Je reste prêt à travailler avec les démocrates », a tweeté le président américain en fin de journée.
 

À ce stade, pourtant, pas l’ombre d’un compromis à l’horizon. La fin du shutdown, qui paralyse 25 % des administrations fédérales de la première puissance mondiale depuis le 22 décembre, n’est pas en vue.