Trump crie victoire contre le groupe EI

Quelque 2000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux djihadistes.
Photo: Delil Souleiman Agence France-Presse Quelque 2000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux djihadistes.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a ordonné le retrait des troupes américaines stationnées en Syrie, estimant avoir atteint son objectif : « vaincre » le groupe armé État islamique (EI) dans ce pays déchiré par la guerre.

« C’est un retrait total » qui surviendra aussi rapidement que possible, a indiqué mercredi à l’AFP un responsable américain sous couvert d’anonymat. Il a précisé que cette décision, qui pourrait être lourde de conséquences dans la région, en particulier pour les combattants kurdes, avait été finalisée mardi.

Ces derniers mois, de hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar al-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des États-Unis, et l’Iran, véritable bête noire du gouvernement Trump.

Quelque 2000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux djihadistes.

« Nous avons vaincu le groupe armé État islamique en Syrie, la seule raison pour moi pour laquelle nous étions présents pendant la présidence Trump », a lancé, dans un tweet laconique, le président américain, qui a plusieurs fois exprimé le souhait de « ramener les troupes à la maison ».

La Maison-Blanche est restée évasive sur le calendrier, se bornant à affirmer, sans indications chiffrées, que le départ des soldats américains avait débuté.

« La campagne contre le groupe EI n’est pas terminée », a de son côté souligné le Pentagone, sur un ton plus nuancé que le tweet présidentiel, précisant qu’il ne fournirait aucun détail pour des raisons de sécurité.

Aucune information n’a été communiquée concernant l’impact de cette décision sur la campagne de frappes aériennes menée en Syrie depuis fin 2014.

Sur le terrain

Cette annonce pourrait par ailleurs placer dans une situation très difficile la milice kurde YPG, qui se bat avec l’appui de Washington contre les djihadistes du groupe EI dans le nord de la Syrie.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois menacé lundi de « se débarrasser » de cette dernière si son parrain américain ne la contraignait pas à s’en retirer. Ankara considère cette milice comme une organisation « terroriste » liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Pour Rafee Ismail, commerçant dans la ville kurde de Qamishli (nord-est de la Syrie), le retrait américain est « une trahison des principes humanitaires ». Il est « en contradiction frontale avec les engagements de Washington […] de protéger le peuple kurde qui a tant sacrifié pour lutter contre le terrorisme ».

Le premier ministre Benjamin Nétanyahou a déclaré qu’Israël, informé par avance par les États-Unis, allait étudier les retombées d’un retrait américain de la Syrie, mais « saurait se défendre » contre les éventuelles menaces venues de chez son voisin.

Donald Trump l’a martelé sur les estrades de campagne : il estime que l’engagement des États-Unis au Moyen-Orient coûte des milliards de dollars qui seraient mieux dépensés au profit des contribuables américains, et qu’il faut laisser d’autres acteurs, notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place.