Dispute dans le Bureau ovale

Une rencontre sur les négociations sur la loi budgétaire a donné lieu mardi à de vifs échanges entre la démocrate Nancy Pelosi et le président Donald Trump, sous le regard du vice-président Mike Pence.
Photo: Evan Vucci Associated Press Une rencontre sur les négociations sur la loi budgétaire a donné lieu mardi à de vifs échanges entre la démocrate Nancy Pelosi et le président Donald Trump, sous le regard du vice-président Mike Pence.

Scène peu commune dans le prestigieux Bureau ovale : le mur à la frontière du Mexique promis par Donald Trump en campagne a donné lieu mardi à de très vifs échanges entre le président américain et les leaders démocrates du Congrès.

« Il n’y a pas de sécurité aux frontières sans le mur ! » : assis sur le bord de sa chaise, Donald Trump se crispe, s’échauffe, brandit ses fiches.

Installés sur les canapés beiges disposés de part et d’autre, ses deux invités du jour écoutent. À sa gauche, Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat. À sa droite, Nancy Pelosi, qui devrait prendre en janvier la tête de la Chambre des représentants.

« C’est un sujet difficile […]. Nous n’aurons probablement pas d’accord aujourd’hui », lance le magnat de l’immobilier, en présence d’un petit groupe de journalistes, lors de cette rencontre marquant le début des négociations sur la loi budgétaire qui doit être adoptée d’ici le 21 décembre.

Menaçant d’aller jusqu’au « shutdown » (paralysie de certaines administrations) si les démocrates refusent de voter le financement de son emblématique promesse de campagne, Donald Trump dénonce le danger que représentent selon lui les « caravanes » de réfugiés qui tentent de pénétrer aux États-Unis.

Nancy Pelosi rappelle la position des démocrates : pas un dollar pour le mur. Puis appelle à des négociations constructives, mettant en garde contre ce qu’elle appelle un « Trump shutdown ».

Une tradition

C’est devenu une tradition aux États-Unis : chaque année, à l’approche de Noël, démocrates et républicains se déchirent sur la loi budgétaire, négociant, dans un jeu de poker menteur, sous la menace d’un shutdown en l’absence d’accord.

Les républicains dominent pour l’instant le Congrès. Mais toute loi budgétaire doit être adoptée par 60 voix sur 100 au Sénat, où ils ne disposent que de 51 sièges. Et à partir du 3 janvier, les démocrates reprendront le contrôle de la Chambre des représentants. Un contexte qui ne les motive pas à céder sur les demandes du président républicain.

Recherché : un bras droit pour le dirigeant le plus puissant du monde. Qualification principale : vouloir le poste. Doit également être prêt à tolérer des attaques régulières de la part du patron et d’éventuelles accusations en justice. Perspectives postérieures à l’emploi : incertaines. Donald Trump a du mal à se trouver un nouveau chef de cabinet après que son premier choix pour remplacer John Kelly s’est désisté à la dernière minute ; plusieurs autres successeurs potentiels ont fait savoir qu’ils n’étaient pas intéressés par le poste. La liste des candidats comprendrait le responsable du budget Mick Mulvaney, le représentant républicain Mark Meadows et l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie. M. Trump a contesté mardi les informations voulant qu’il peine à trouver quelqu’un pour occuper ce poste.

Le poste de chef de cabinet de Trump difficile à pourvoir

Recherché : un bras droit pour le dirigeant le plus puissant du monde. Qualification principale : vouloir le poste. Doit également être prêt à tolérer des attaques régulières de la part du patron et d’éventuelles accusations en justice. Perspectives postérieures à l’emploi : incertaines. Donald Trump a du mal à se trouver un nouveau chef de cabinet après que son premier choix pour remplacer John Kelly s’est désisté à la dernière minute ; plusieurs autres successeurs potentiels ont fait savoir qu’ils n’étaient pas intéressés par le poste. La liste des candidats comprendrait le responsable du budget Mick Mulvaney, le représentant républicain Mark Meadows et l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie. M. Trump a contesté mardi les informations voulant qu’il peine à trouver quelqu’un pour occuper ce poste.