Des sénateurs républicains convaincus que MBS a ordonné le meurtre de Jamal Khashoggi

«Je n’ai aucun doute sur le fait que le prince héritier» saoudien Mohammed ben Salmane «a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long», a déclaré à des journalistes Bob Corker.
Photo: J. Scott Applewhite Associated Press «Je n’ai aucun doute sur le fait que le prince héritier» saoudien Mohammed ben Salmane «a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long», a déclaré à des journalistes Bob Corker.

Deux sénateurs républicains américains ont affirmé mardi n’avoir « aucun » doute sur le fait que le prince héritier saoudien avait « ordonné » le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, après avoir été informés à huis clos des conclusions de la CIA.

Cette position contredit directement le président américain, Donald Trump, qui a déclaré publiquement que le service de renseignement n’avait « rien trouvé d’absolument certain ».

« Je n’ai aucun doute sur le fait que le prince héritier » saoudien Mohammed ben Salmane « a ordonné le meurtre et a été maintenu au courant de la situation tout le long », a déclaré à des journalistes Bob Corker après la réunion avec Gina Haspel, directrice de la CIA.

« Je pense qu’il est complice du meurtre de M. Khashoggi au plus haut niveau possible », a ajouté Lindsey Graham, pourtant un allié de Donald Trump au Sénat.

Chef de la puissante Commission des affaires étrangères, Bob Corker a affirmé n’avoir pas entendu au cours de cette réunion, qui a duré environ une heure, l’enregistrement audio de l’assassinat de Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, en octobre.

Quelques sénateurs seulement avaient été conviés à cette rencontre avec Mme Haspel, y compris les chefs républicain et démocrate du Sénat ainsi que les responsables des commissions liées aux questions de sécurité.

« Laisser la situation en l’état permettrait à quelqu’un comme MBS », initiales du prince saoudien, « de continuer en toute impunité », a tonné M. Corker.

Cette rencontre était très attendue par les parlementaires, après un premier rendez-vous manqué la semaine dernière lorsque Gina Haspel n’avait pas répondu à leur invitation.

Indignés, les sénateurs avaient alors lancé un sévère coup de semonce à Riyad, en dépit de la Maison-Blanche : une résolution pour cesser tout soutien militaire à l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen a franchi avec une nette majorité le 28 novembre un premier vote au Sénat.

Mais son approbation définitive reste encore incertaine, et dépendra notamment des actions du gouvernement Trump face aux dirigeants saoudiens. En effet, certains sénateurs espèrent encore que Donald Trump réagira, malgré son soutien à Riyad.