Nouvelle salve de Trump contre Mueller

Au début du mois, Donald Trump avait provoqué des inquiétudes sur une possible reprise en main de cette investigation, en limogeant son secrétaire à la Justice, Jeff Sessions.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse Au début du mois, Donald Trump avait provoqué des inquiétudes sur une possible reprise en main de cette investigation, en limogeant son secrétaire à la Justice, Jeff Sessions.

Donald Trump a fait monter la pression d’un cran dans l’enquête russe en s’en prenant mardi au procureur indépendant Robert Mueller, « devenu hors de contrôle » alors que celui-ci resserre l’étau sur les anciens collaborateurs du président américain.


« Mueller et sa bande de démocrates en colère ne regardent qu’un côté, pas l’autre. Attendez que soit révélée la façon horrible et vicieuse dont ils traitent les gens [...] », a menacé sur Twitter le président Trump, qui a plusieurs fois accusé le procureur de partialité.


L’enquête, tentaculaire, tente de déterminer depuis 18 mois l’existence d’une collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de M. Trump pour favoriser l’élection du candidat républicain en 2016. Elle s’est élargie avec des soupçons d’entrave à la justice visant M. Trump, mais jusqu’ici, aucune preuve directe n’a été dévoilée et le président demande avec insistance la fin rapide de cette enquête qui empoisonne son mandat.


Selon des documents judiciaires rendus publics lundi, Paul Manafort aurait menti à la police fédérale après avoir accepté de collaborer avec la justice dans l’enquête russe. L’ancien lobbyiste âgé de 69 ans aurait ainsi rompu l’accord de plaider coupable passé en septembre, ont expliqué des procureurs, dont M. Mueller. Les avocats de M. Manafort, qui encourt au moins dix ans de réclusion, ont réfuté cette affirmation.


Robert Mueller, ancien directeur respecté du FBI, est resté silencieux depuis le début de l’enquête, qui a débouché sur une trentaine d’inculpations et plusieurs condamnations. Les nouvelles poursuites contre Paul Manafort pourraient lui permettre de boucler son enquête avec des accusations plus précises.


Manafort aurait rencontré Assange


Dans un nouveau volet de l’affaire, le quotidien britannique The Guardian a affirmé mardi que Paul Manafort avait rencontré « secrètement » le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à Londres entre 2013 et 2016. La dernière rencontre aurait eu lieu « autour de mars 2016 », le mois même où M. Manafort était embauché par M. Trump. En juillet suivant, le réseau social avait diffusé près de 20 000 messages électroniques internes de l’équipe d’Hillary Clinton par des pirates russes, ce qui avait perturbé la campagne de la candidate démocrate.


WikiLeaks a démenti les affirmations du journal.