La frontière américano-mexicaine difficile à sécuriser

Des migrants escaladent la frontière à Tijuana.
Photo: Pedro Pardo Agence France-Presse Des migrants escaladent la frontière à Tijuana.

Le président américain, Donald Trump, a beau avoir renforcé la sécurité à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, elle reste poreuse, et des clandestins continuent à la franchir tous les jours.

Dans la ville mexicaine de Tijuana, face à la ville américaine de San Diego, plusieurs centaines de migrants venus d’Amérique centrale ont tenté dimanchede passer en force à travers le mur métallique qui marque la frontière. Quelque 500 ressortissants de pays d’Amérique centrale, parmi lesquels des femmes et des enfants, qui participaient à une manifestation pacifique aux abords de la frontière, se sont subitement dirigés vers la barrière métallique délimitant la frontière pour tenter de passer illégalement de l’autre côté.

Après avoir franchi cette première clôture rouillée, ils ont finalement été repoussés par les forces de l’ordre américaines qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, avant d’avoir pu atteindre une deuxième barrière, surmontée de barbelés, derrière laquelle les gardes-frontières américains s’étaient déployés.

Survolés par des hélicoptères à basse altitude, les migrants ont dû se résigner à rebrousser chemin et à retourner dans le centre sportif où s’entassent depuis une semaine quelque 5000 migrants de la caravane.

Si 42 d’entre eux ont finalement été arrêtés, les autorités américaines ont admis que « de nombreux » autres ont réussi à traverser. Ces migrants avaient pourtant choisi l’endroit considéré comme l’un des plus sécurisés avec ses deux, parfois trois, séries de barrières métalliques surmontées de fils barbelés et ses patrouilles régulières de police.

Quelques kilomètres plus à l’est se trouvent des barrières plus faciles à escalader. Mais il faut ensuite affronter un terrain montagneux et difficile où la police aux frontières patrouille aussi en nombre. Encore plus loin, les migrants doivent franchir le désert ou les eaux du fleuve frontalier Rio Grande.

Statistiques variées

Entre octobre 2017 et septembre 2018, la police américaine aux frontières a intercepté 521 090 personnes qui tentaient d’entrer illégalement sur le territoire. Et, en l’absence de chiffres fiables, on estime à plusieurs centaines celles ayant réussi.

Les 3200 kilomètres de frontière — qui va de l’océan Pacifique au golfe du Mexique — ont toujours été difficiles à sécuriser.

Environ 1100 km sont équipés d’obstacles qui vont de parois mobiles à des barrières hautes de 2,5 à 9 mètres. Ils sont installés surtout en Californie, au Nouveau-Mexique et en Arizona, où le tracé est relativement droit et où la plupart des terres appartiennent à l’État fédéral.

Au Texas, qui partage le plus de frontière avec le Mexique, le tracé suit le cours sinueux du Rio Grande; par conséquent, il est difficile de construire une véritable barrière. Et la majorité des terres appartiennent à des propriétaires privés soucieux d’avoir accès au fleuve. De plus, les zones urbaines connaissent un fort trafic de frontaliers et de marchandises.

Début 2018, M. Trump a demandé au Congrès un budget de 25 milliards de dollars pour sécuriser l’ensemble de la frontière. Mais il n’a obtenu que 1,6 milliard pour financer un mur d’une dizaine de mètres de hauteur dans les deux zones les plus peuplées : à Tijuana et à McAllen, dans l’est du Texas.

Entre ces deux points et entre les différents postes frontières, les autorités ont également installé des systèmes de caméras et d’éclairages, alors que les zones sensibles sont surveillées par des drones.