Affaire Khashoggi: Trump évite de froisser l’Arabie saoudite

Le Congrès américain, y compris dans les rangs républicains du président Trump, demande toutefois à Washington d’aller plus loin, et de sanctionner les commanditaires.
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le Congrès américain, y compris dans les rangs républicains du président Trump, demande toutefois à Washington d’aller plus loin, et de sanctionner les commanditaires.

Le prince héritier saoudien était peut-être bien au courant du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, mais cela ne remettra pas en cause la relation « inébranlable » entre Washington et Riyad. Pressé de hausser le ton, Donald Trump a préféré mardi préserver une alliance qu’il juge stratégique.

Selon plusieurs médias américains, dont le Washington Post avec lequel le journaliste saoudien critique du royaume collaborait, la CIA n’a plus de doutes sur la responsabilité de Mohammed ben Salmane, dit « MBS », le puissant prince héritier d’Arabie saoudite.

Mais Donald Trump a assuré mardi que les agences de renseignement américaines continuaient « d’analyser toutes les informations ».

Sans attendre, il a toutefois tenu à mettre fin au suspense : « Il se pourrait très bien que le prince héritier ait eu connaissance de cet événement tragique — peut-être, peut-être pas ! » a-t-il dit dans un communiqué.

« Dans tous les cas, notre relation est avec le Royaume d’Arabie saoudite. […] Les États-Unis entendent rester un partenaire inébranlable de l’Arabie saoudite », a-t-il ajouté.

Le président américain a énuméré toutes les raisons qui rendent cette alliance stratégique à ses yeux : lutte contre l’Iran, ennemi commun, combat contre le « terrorisme islamique radical », achat d’armes américaines ou encore stabilité des prix du pétrole, dont Riyad est le premier exportateur mondial.

L’image de Riyad ternie

Jamal Khashoggi, qui vivait aux États-Unis, a été tué le 2 octobre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul où il était allé faire des démarches pour son futur mariage avec une jeune femme turque.

Ce meurtre a terni l’image du royaume saoudien et de Mohammed ben Salmane, dont la plupart des observateurs estiment qu’il ne pouvait pas ne pas être au courant de l’opération.

La plupart des exécutants sont connus et Washington a imposé la semaine dernière des sanctions financières contre 17 d’entre eux au moment où la justice saoudienne annonçait une série d’inculpations.

Le Congrès américain, y compris dans les rangs républicains du président Trump, demande toutefois à Washington d’aller plus loin et de sanctionner les commanditaires.

« Je comprends que des membres du Congrès veuillent aller dans une autre direction, pour des raisons politiques ou autres — ils sont libres de le faire », a affirmé Donald Trump dans son communiqué.

Les parlementaires américains pourraient engager des procédures pour prendre des sanctions plus sévères ou stopper les ventes d’armes à Riyad.