La Maison-Blanche affirme pouvoir choisir les journalistes qui la couvrent

La Maison-Blanche avait affirmé que la décision n’était pas liée aux questions du reporter.
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse La Maison-Blanche avait affirmé que la décision n’était pas liée aux questions du reporter.

Donald Trump et la Maison-Blanche ont « toute discrétion » pour choisir les journalistes qui les couvrent, a fait valoir le gouvernement Trump dans un document en réaction à la demande de la chaîne CNN, qui a saisi la justice pour récupérer l’accréditation de son reporter Jim Acosta.

« Le président et la Maison-Blanche ont toute discrétion pour gérer l’accès des journalistes à la Maison-Blanche », ont écrit plusieurs responsables du ministère de la Justice, notamment l’adjoint au ministre, Joseph Hunt, dans ce document versé mercredi à la procédure.

De son côté, la chaîne d’information Fox News, dont plusieurs présentateurs soutiennent ouvertement Donald Trump, a annoncé qu’elle se joint à la procédure judiciaire intentée par sa concurrente.

Les accréditations, comme celle retirée la semaine dernière au reporter Jim Acosta, « ne devraient pas être utilisées comme une arme », a déclaré le président de Fox News, Jay Wallace, dans une déclaration transmise mercredi à l’AFP, indiquant que sa chaîne « [soutenait] CNN dans sa démarche en justice ».

« Bien que nous n’approuvions pas le ton antagoniste croissant employé à la fois par le président et les médias lors de récents points de presse, a écrit le président de Fox News,  nous sommes favorables à une presse libre, à l’accès [des médias au gouvernement] et à des échanges ouverts pour le public américain. »

CNN a annoncé mardi qu’elle intentait une action en justice contre le gouvernement Trump pour contester le retrait de l’accréditation de Jim Acosta, consécutive à un échange houleux avec le président américain lors d’une conférence de presse.

La Maison-Blanche avait affirmé que la décision n’était pas liée aux questions du reporter, qui soulignait que la campagne Trump avait présenté, de manière exagérée selon lui, comme une menace pour les Américains le convoi de plusieurs milliers de migrants venus d’Amérique centrale en route vers la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, avait justifié ce retrait par ce qu’elle avait présenté comme le comportement déplacé de Jim Acosta envers une jeune stagiaire chargée de récupérer le micro lors de la conférence de presse.

CNN fait valoir que ce retrait porte atteinte au premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression et la liberté de la presse. « Aucun journaliste n’a un droit garanti par le premier amendement de pénétrer dans la Maison-Blanche », a répondu le gouvernement Trump dans le document publié mercredi.