Une fusillade fait au moins 12 morts en Californie

Des personnes se sont recueillies en mémoire du policier Ron Helus, tué pendant l’attaque.
Photo: Apu Gomes Agence France-Presse Des personnes se sont recueillies en mémoire du policier Ron Helus, tué pendant l’attaque.

Un ex-militaire ayant servi en Afghanistan a abattu au moins douze personnes, mercredi soir, dans un bar bondé près de Los Angeles, en Californie, avant de retourner l’arme contre lui.

Le tireur de 28 ans — Ian Long, selon les autorités locales — a ouvert le feu lors d’une soirée rassemblant plus d’une centaine de personnes, dont plusieurs étudiants, dans la ville de Thousand Oaks, au nord de Malibu.

Il s’est présenté à l’entrée du Borderline Bar and Grill armé d’un pistolet semi-automatique Glock, qu’il a équipé d’un chargeur à capacité augmentée, illégal en Californie. Il a lancé un engin fumigène avant de pénétrer dans l’établissement pour y perpétrer sa tuerie, a relaté à la presse le shérif du comté, Geoff Dean.

Le bilan exact des blessés n’a pas été dressé, mais 23 personnes ont été transportées vers des hôpitaux de la région, a également fait savoir le shérif.

Ian Long s’est enrôlé en 2008 dans l’armée américaine, où il a servi dans l’unité d’élite des Marines jusqu’en 2013. Il a été déployé en Afghanistan pendant sept mois.

Scènes d’horreur

Bien qu’il soit connu des policiers et de ses voisins pour des troubles de santé mentale, rien ne laisse croire aux enquêteurs que le drame soit lié au terrorisme.

« J’ai vu le tireur. Il était habillé en noir. Il a sorti une arme et a commencé à tirer », a raconté à l’AFP Holden Harrah, 20 ans, qui a précisé avoir dû « ramper » pour sortir et rejoindre sa voiture. De l’avis des autorités, Ian Long ne semblait pas avoir de cible spécifique à l’intérieur du bar.

« Il tirait autant de balles qu’il pouvait, et quand il rechargeait, les gens essayaient de s’enfuir », a témoigné au Los Angeles Times Matt Wennerstrom, un étudiant de 20 ans.

La plupart des témoins cités par les médias américains, en majorité des étudiants des nombreuses universités de cette banlieue résidentielle de Los Angeles, ont décrit des scènes de panique après les premiers coups de feu : bousculade et clients piétinés, certains se réfugiant dans les toilettes ou sur un balcon, d’autres brisant les fenêtres pour s’extirper.

Un policier, Ron Helus (54 ans), se trouve parmi les victimes. Le shérif Dean a indiqué que le sergent Helus a été atteint de plusieurs balles dès qu’il est entré dans le bar. Un autre policier qui l’accompagnait l’a tiré à l’extérieur et a attendu l’arrivée de l’escouade tactique (SWAT) et de dizaines d’autres membres des forces de l’ordre.

Une procession a été organisée dans le comté en son honneur et le président Donald Trump a ordonné que tous les drapeaux du pays soient mis en berne en mémoire des victimes.

Motif inconnu

Les autorités ignoraient jeudi la raison pour laquelle Ian Long a commis cette fusillade.

En avril dernier, des policiers spécialisés dans les interventions auprès de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale se sont rendus chez lui en raison d’un comportement « irrationnel ». S’il n’a pas été arrêté, le jeune homme a laissé aux agents l’impression qu’il souffrait de stress post-traumatique, vraisemblablement lié à ses antécédents militaires.

Ian Long vivait avec sa mère dans un quartier cossu de Thousand Oaks.

« C’est une dame très gentille, mais elle a eu beaucoup de problèmes avec son fils », a déclaré au Los Angeles Times un voisin, Richard Berge, selon qui Ian Long souffrait effectivement de ce syndrome de stress répandu chez les anciens soldats.

Le jeune homme s’était plus d’une fois fait remarquer en donnant de violents coups dans les murs de sa maison, selon plusieurs voisins.

Les États-Unis sont régulièrement le théâtre de fusillades, du fait de la dissémination des armes à feu dans le pays. La dernière en date avait fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh, la pire attaque antisémite jamais perpétrée en sol américain.

Avec Associated Press