Une exécution à la chaise électrique prévue jeudi au Tennessee

Edmund Zagorski, 63 ans, a été condamné à la peine capitale en 1984.
Photo: Jose Romero / Tennessee Dapartment of Corrections Edmund Zagorski, 63 ans, a été condamné à la peine capitale en 1984.

Un condamné à mort doit être exécuté sur la chaise électrique jeudi soir au Tennessee, après avoir choisi cette méthode d’exécution jugée « cruelle » par une majorité d’Américains et très rarement usitée.

Edmund Zagorski, 63 ans, avait été condamné à la peine capitale en 1984 pour avoir tué et égorgé deux hommes qu’il avait attirés en promettant de leur vendre de la drogue.

Après 34 ans dans le couloir de la mort, il devait être exécuté en octobre par injection létale, mais à la dernière minute, il avait demandé de passer plutôt sur la chaise électrique.

En cas d’injection, « les 10 à 18 dernières minutes de sa vie seront une horreur absolue », alors que s’il est électrocuté, il ressentira « une douleur insoutenable, probablement pendant 15 à 30 secondes », écrivaient ses avocats dans leur requête.

Le gouverneur de l’État avait alors accepté de repousser l’exécution pour laisser aux services pénitenciers le temps de préparer la chaise électrique, qui n’a pas servi depuis 2007 dans le Tennessee.

« La chaise a été testée le 12 octobre et l’exécution va pouvoir avoir lieu selon le protocole », a précisé jeudi à l’AFP une porte-parole des services pénitenciers du Tennessee, Neysa Taylor.

Edmund Zagorski a donc été transféré dans une cellule adjacente à la chambre d’exécution et a commandé son dernier repas : des pieds et de la queue de cochons, selon les services pénitenciers.

Il lui reste toutefois un espoir de survie : ses défenseurs ont saisi en urgence la Cour suprême des États-Unis pour lui demander de suspendre l’exécution.

Ils estiment que la chaise électrique, même si elle est plus souhaitable qu’une injection létale, cause une « souffrance extrême et des mutilations » et est donc contraire au 8e amendement de la Constitution qui interdit les peines « cruelles et inhabituelles ».

Le Tennessee, qui autorise les personnes condamnées à la peine capitale avant 1999 à choisir leur méthode d’exécution, est l’un des neuf États américains qui continuent d’autoriser le recours à la chaise électrique.

Mais dans les faits, elle n’a été utilisée que pour 14 exécutions sur près de 900 dans tout le pays depuis 2000, et n’a pas servi depuis 2013 au niveau national.

Le Tennessee y a eu recours une seule fois depuis 1960 : en 2007, pour exécuter un père de famille qui avait tué ses quatre enfants.

Selon un sondage réalisé en 2015, 54 % des Américains jugent qu’il s’agit d’une méthode d’exécution « cruelle et inhabituelle ».

« L’échec des injections létales »

Dans ce contexte, le « choix » d’Edmund Zagorski « en dit long sur l’échec des injections létales », a commenté pour l’AFP le directeur du Centre d’information sur la peine de mort (DPIC), Robert Dunham.

Les injections létales sont la méthode d’exécution la plus fréquente aux États-Unis. Mais elles sont vivement contestées depuis que certaines ont mal tourné, en raison de défaillances de la drogue utilisée pour anesthésier les condamnés. D’autres exécutions avec la chaise électrique ont également été accusées d’infliger une torture au condamné.

Le « choix » d’Edmund Zagorski n’en est pas vraiment un, relève Robert Dunham. Pour lui, « c’est une conséquence directe de l’exigence macabre de la Cour suprême qui impose aux condamnés à mort de proposer une alternative avant d’évaluer si une méthode d’exécution est cruelle au regard de la Constitution ».

En optant pour la chaise électrique, Edmund Zagorski a en effet précisé ne pas être favorable pour autant à l’électrocution. « Je ne veux pas être soumis à la torture de l’injection », a-t-il écrit aux autorités, mais « je considère que l’injection létale et l’électrocution violent toutes les deux mes droits ».