L’auteur présumé de l’attaque comparaît en fauteuil roulant

Robert Gregory Bowers demeure détenu jusqu’à son audience préliminaire qui aura lieu jeudi, alors que les procureurs exposeront leurs arguments contre lui.
Photo: Dave Klug via Associated Press Robert Gregory Bowers demeure détenu jusqu’à son audience préliminaire qui aura lieu jeudi, alors que les procureurs exposeront leurs arguments contre lui.

L’homme soupçonné d’avoir perpétré un massacre dans une synagogue de Pittsburgh a comparu brièvement en fauteuil roulant devant la Cour fédérale, lundi, pour être accusé d’avoir abattu 11 personnes dans ce qui serait la pire tuerie contre des juifs de toute l’histoire des États-Unis.

Robert Gregory Bowers, qui a été blessé dans l’échange de coups de feu avec les policiers lors de l’attaque de samedi, a reçu son congé de l’hôpital lundi matin et a pu être conduit en fauteuil roulant dans la salle d’audience.

Il demeure détenu jusqu’à son audience préliminaire qui aura lieu jeudi, alors que les procureurs exposeront leurs arguments contre lui.

Pendant sa comparution, l’individu a parlé avec deux avocats désignés par le tribunal, a consulté des documents et a confirmé son identité à un juge, en répondant doucement « Oui » à toutes ses questions.

M. Bowers est demeuré impassible pendant l’audience. « Ce n’était pas le visage infâme que je pensais voir », a confié Jon Pushinksy, un fidèle de la congrégation Dor Hadash, qui a perdu l’un de ses membres dans la tuerie.

Les procureurs fédéraux ont mis en place des démarches pour réclamer la peine capitale contre le camionneur de 46 ans qui, selon les autorités, a exprimé sa haine envers les juifs pendant la fusillade. Il aurait aussi dit à la police qu’il voulait « tuer les juifs » et que « tous les juifs devraient mourir ».

Après la comparution, le procureur Scott Brady a qualifié les meurtres « d’actes horribles de violence ». « Soyez assurés que nous avons une équipe de procureurs qui travaillent fort pour s’assurer que justice soit rendue », a-t-il ajouté.

Les premières funérailles des victimes, celles des frères Cecil et David Rosenthal, auront lieu mardi. Des survivants de la fusillade ont commencé à raconter ce qui s’est passé pendant la tuerie de samedi dans la synagogue Tree of Life.

Barry Weber, âgé de 76 ans, a relaté qu’il s’était caché dans un placard à rangement alors que le tireur déchargeait son arme dans la synagogue.

« Je ne sais pas pourquoi il croit que les juifs sont responsables de tous les maux dans le monde, mais il n’est pas le premier, et il ne sera pas le dernier », a-t-il soutenu. « Malheureusement, nous devons porter ce fardeau. Cela me brise le coeur. »

Visite de Donald Trump

La Maison-Blanche a annoncé que le président Donald Trump et sa femme, Melania, se rendraient en Pennsylvanie mardi « pour exprimer le soutien des Américains et pour vivre le deuil avec la communauté de Pittsburgh ».

L’annonce de la visite des Trump a été reçue de façon partagée.

Les dirigeants d’un groupe juif progressiste à Pittsburgh ont écrit une lettre ouverte au président, affirmant qu’il n’était pas le bienvenu jusqu’à ce qu’il dénonce le « nationalisme blanc ».

Mais le rabbin Jeffrey Myers, de la synagogue Tree of Life, a clairement indiqué que M. Trump serait le bienvenu, déclarant au réseau NBC : « Ce serait toujours un honneur pour moi de rencontrer un président des États-Unis. »

Le massacre de samedi, qui a eu lieu 10 jours avant les élections de mi-mandat, a exacerbé les tensions dans le pays, à peine un jour après l’arrestation de l’homme de la Floride accusé d’avoir envoyé une série de bombes artisanales à des personnalités ouvertement opposées à Donald Trump.