Scènes de dévastation après le passage de l’ouragan «Michael» en Floride

<p>À Panama City, une station balnéaire sur le littoral de Floride, un mur d’eau et des vents puissants se sont déchaînés mercredi pendant presque trois heures, dispersant des débris partout.</p>
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse

À Panama City, une station balnéaire sur le littoral de Floride, un mur d’eau et des vents puissants se sont déchaînés mercredi pendant presque trois heures, dispersant des débris partout.

Les habitants du nord-ouest de la Floride ont découvert jeudi à leur réveil des scènes de désolation après le passage de l'ouragan Michael, dont les vents extrêmement violents ont causé la mort d'au moins deux personnes.

 

Les rues de la cité côtière de Panama City, frappée en première ligne par l'ouragan de catégorie 4 quand il a touché terre, étaient jonchées de débris, branches d'arbres, toitures arrachées, morceaux de verre. 

 

« Il s'agit d'une dévastation impensable », a commenté jeudi Rick Scott, le gouverneur républicain de la Floride. « J'ai entendu dire que beaucoup de personnes ont été blessées », a-t-il ajouté.

 

Le gouverneur a appelé la population à limiter les sorties à l'extérieur: « Il y a des lignes électriques tombées par terre. Il y a des arbres partout au sol ». 

 

Après avoir charrié des vents de 250 km/h, l'ouragan Michael a été rétrogradé jeudi en tempête tropicale. La Floride traversée, il a poursuivi sa course en Alabama et en Géorgie, puis en Caroline du Sud.

 

Dans la ville de Dothan, en Alabama, des panneaux publicitaires et des poteaux électriques ont été arrachés, les toits en tôle de plusieurs commerces ont volé ou se sont affalés, des arbres ont été arrachés et certains, tombés en travers de la route avaient été tronçonnés au petit matin pour permettre aux voitures de circuler, selon des journalistes de l'AFP sur place.

 

Le courant était coupé à différents carrefours et la police faisait la circulation. La pluie avait déjà été absorbée.

 

La reconstruction « va être rapide. On fera en sorte qu'elle soit rapide », a promis jeudi le président Donald Trump, interviewé jeudi par la chaîne Fox News.

Deux morts

Deux décès, l’un en Floride et l’autre en Géorgie, ont été attribués par les autorités à l’ouragan qui se dirigeait vers le nord-est.

Le premier décès, en Floride, est « lié à des débris, un arbre est impliqué », a dit à l’AFP Olivia Smith, une porte-parole du comté de Gadsden à plusieurs kilomètres des côtes. En Géorgie, une fillette de 11 ans a été tuée lorsqu’un auvent de garage a atterri sur sa maison, a indiqué à l’AFP Travis Brooks, chef des services de secours dans le comté de Seminole.

 

Quelque 370 000 personnes étaient privées d’électricité, principalement en Floride, mais également en Alabama et en Géorgie, selon des informations de presse.

Brock Long, le patron de l’agence américaine de gestion des services d’urgence (Fema), a expliqué en informant le président Donald Trump à la Maison-Blanche que Michael était l’ouragan le plus intense à frapper la région du « Panhandle » en Floride depuis le début du recueil des données à ce sujet en 1851.

« Ouragan monstrueux »

Des images postées sur les réseaux sociaux montraient une partie de Mexico Beach, à une trentaine de kilomètres, sous plusieurs mètres d’eau avec des maisons immergées jusqu’au toit, parfois partiellement arraché.

Des photos des habitants de villes environnantes montraient des bâtiments éventrés ou réduits à un tas de planches entremêlées, tel un jeu de mikado.

« La nation entière et le monde ont vu cet ouragan monstrueux dévaster notre côte du golfe et la Panhandle », a déclaré le gouverneur de la Floride Rick Scott au cours d’une conférence de presse en fin d’après-midi.

« Je me rendrai très, très rapidement en Floride », a déclaré Donald Trump lors d’une réunion en Pennsylvanie mercredi soir. « Je leur souhaite le meilleur », a indiqué le président américain.

Milliers d’évacuations

Les météorologues avaient prévenu du caractère « potentiellement catastrophique » de Michael, avec de dangereuses inondations, notamment côtières (jusqu’à 4,30 mètres au-dessus du niveau de marée haute), et de fortes précipitations (jusqu’à 300 mm).

Des dizaines de refuges ont été ouverts pour accueillir les milliers d’habitants ayant fui avant l’arrivée de l’ouragan, attendant parfois simplement allongés sur le sol.

Tallahassee, capitale de la Floride dont l’aéroport a été fermé mercredi, s’est transformée en ville fantôme. La situation est « apocalyptique et étrange », avec la plupart des magasins fermés, racontait Caitlin Staniec, 28 ans.

Quelque 375 000 personnes, dans plus de vingt comtés de Floride, avaient reçu l’ordre ou avaient été incitées à évacuer, selon les médias. Mais certains ont néanmoins décidé de braver la tempête.

Jamais dans l’histoire météorologique enregistrée un ouragan n’avait frappé les États-Unis continentaux au mois d’octobre à une telle vitesse, explique à l’AFP Philip Klotzbach, météorologue spécialiste des ouragans à la Colorado State University. Le mois d’octobre correspond à la fin de la saison des ouragans, qui dure de juin à novembre.

Donald Trump avait approuvé mardi l’état d’urgence dans 35 comtés de Floride, permettant le déblocage de moyens matériels supplémentaires.

Les responsables des États voisins d’Alabama et de Géorgie ont aussi déclaré l’état de catastrophe et la Caroline du Nord a été placée en alerte.

Les États-Unis ont subi l’an dernier huit tempêtes de forte puissance et trois ouragans majeurs – Irma, Maria et Harvey. Ce dernier a provoqué 125 milliards de dollars de dégâts et inondé la métropole de Houston.