«Michael» défigure la Floride

Photo: Pedro Portal Miami Herald «Michael» a laissé un paysage de désolation après son passage à Panama City, en Floride. L’ouragan a frappé avec des vents soufflant à 258 km/h mercredi, faisant au moins un mort, entraînant le déraillement d’un train, jetant à terre des lignes électriques et des arbres, détruisant des maisons et laissant des quartiers submergés avant de poursuivre sa route vers l’intérieur des terres.

Toits arrachés, rues inondées, arbres déracinés : l’ouragan Michael a durement frappé le nord-ouest de la Floride mercredi, faisant au moins un mort. Il poursuivait mercredi soir sa course dévastatrice vers la Géorgie.

Sur le littoral, à Panama City, les déplacements étaient difficiles alors que des arbres et des débris jonchaient le sol. Un mur d’eau et des vents puissants se sont déchaînés sur cette station balnéaire pendant plusieurs heures.

« On n’a plus d’électricité ici, à Panama City, deux arbres sont tombés sur le toit, qui s’est déchiré. La maison est quasi inhabitable » crie au téléphone Martin Trahan, entre deux bruyants coups de scie mécanique. « Les gens coupent les arbres et les poteaux électriques tombés sur la route pour que les véhicules puissent circuler. »

Ce Québécois qui faisait une traversée des États-Unis en canot a dû s’arrêter à son 166e jour d’expédition lundi quand il a réalisé l’ampleur de l’ouragan qui devait toucher la Floride.

« Je savais qu’une tempête arrivait, j’ignorais que c’était devenu un ouragan, dit-il. Aux États-Unis, ils font beaucoup d’histoires avec pas grand-chose. Pour une fois, c’était le contraire. »

Quand il a mis pied à terre dans la région, on lui a ordonné de ne pas dormir dans sa tente et d’évacuer. « Mais pour aller où ? Je suis en canot ! » poursuit-il.

M. Trahan a trouvé de l’aide en contactant sur Facebook un Américain croisé quelques jours plus tôt sur l’eau. « Il est venu me chercher pour me ramener chez lui. On a dû faire un détour par la Géorgie pour chercher de l’eau, car les épiceries ont été prises d’assaut en Floride. »

Pendant deux jours, il a aidé la famille qui l’accueille à sécuriser la maison — située dans un quartier « huppé », à douze pieds au-dessus du niveau de la mer — en attendant l’arrivée de Michael.

Mais l’ouragan n’a rien épargné sur son passage. Martin Trahan souhaite d’ailleurs rester pour aider ses hébergeurs dans les prochains jours.

Les dégâts sont nombreux dans la région.Des images sur les réseaux sociaux montraient une partie de Mexico Beach, à une trentaine de kilomètres, sous plusieurs mètres d’eau avec des maisons immergées jusqu’au toit, parfois partiellement arraché.

Michael est l’ouragan le plus puissant à toucher terre sur la partie continentale des États-Unis depuis l’ouragan Matthew en 1992.

Aide aux citoyens

« Nous avons des camions prêts à partir, chargés de tonnes de nourriture, d’eau?et?d’autres?fournitures?cruciales », a indiqué plus tôt le gouverneur de la Floride, Rick Scott.

Il s’était dit mercredi matin « inquiet » pour les personnes ayant décidé de braver la tempête. Quelque 375 000 personnes en Floride avaient pourtant reçu l’ordre d’évacuer dans les derniers jours. Des dizaines de refuges ont été ouverts pour accueillir les milliers d’habitants fuyant l’ouragan.

De son côté, le président Donald Trump a annoncé mercredi qu’il se rendrait « très rapidement en Floride ». « Nous sommes très bien préparés », avait-il assuré la veille, approuvant l’état d’urgence dans 35 comtés de Floride et débloquant des moyens matériels et financiers supplémentaires pour faire face aux conséquences de l’ouragan.

Progression rapide

L’ouragan continuait à se déplacer rapidement mercredi soir — à 20 km/h — vers le nord-est. À 19 h, heure locale, il a été rétrogradé en catégorie 2 sur une échelle de 5, avec des vents allant à 155 km/h. Les risques d’inondations potentiellement mortelles et de vents dévastateurs étaient toujours présents.

Michael devait passer en soirée sur le sud-est de l’Alabama et le sud-ouest de la Géorgie, puis s’éloigner en direction de l’Atlantique vendredi. Les deux États ont aussi déclaré l’état de catastrophe. La Caroline du Nord a été placée en alerte.

La Floride avait déjà été durement touchée par l’ouragan Irma il y a un an.



Photo: Brendan Smialowski Archives Agence France-Presse À Panama City, petite ville côtière en première ligne, des résidents ont pris place dans des refuges.