Kavanaugh visé par de nouvelles accusations d’agressions sexuelles

Le juge a affirmé à plusieurs reprises avoir toujours traité les femmes avec respect.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Le juge a affirmé à plusieurs reprises avoir toujours traité les femmes avec respect.

Une troisième femme a accusé mercredi le candidat de Donald Trump à la Cour suprême d’avoir, dans sa jeunesse, eu des comportements sexuels agressifs, portant une lourde attaque à la veille de l’audition au Sénat du juge et de sa première accusatrice.

Le président Trump a indiqué mercredi qu’il pourrait retirer la candidature du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême s’il était convaincu par la femme qui accuse le magistrat d’une agression sexuelle remontant aux années 1980 et qui sera entendue jeudi au Sénat.

« Si je pensais qu’il était coupable de quoi que ce soit, oui je pourrais » lui retirer mon soutien, a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait si cette option était possible lors d’une conférence de presse à New York.

Toutefois, un peu plus tôt dans la journée, le président Trump a dénoncé de « fausses accusations » tandis que Brett Kavanaugh, 53 ans, rejetait des attaques « ridicules » venues de « la quatrième dimension ».

Brett Kavanaugh et d’autres tentaient de soûler et de désorienter les filles au point où elles pouvaient être violées en réunion

Dans une déclaration sur l’honneur rendue publique par son avocat, Julie Swetnick accuse le magistrat d’avoir fait partie au début des années 1980 d’un groupe de garçons qui tentaient de faire boire ou de droguer des filles en vue d’abuser d’elles.

La fonctionnaire affirme également avoir été elle-même victime d’un viol collectif lors d’une fête où Brett Kavanaugh était « présent » vers 1982.

« Je ne sais pas de qui il s’agit et ceci n’a jamais eu lieu », a-t-il rétorqué dans un communiqué.

Le juge, qui se dit victime d’une « campagne de calomnies » destinée à bloquer sa confirmation, a affirmé à plusieurs reprises avoir toujours traité les femmes avec respect.

Le président Trump a aussi évoqué sur la chaîne Fox une « arnaque », « ridicule », « triste » et « honteuse », menée selon lui par les démocrates. Inébranlable dans son soutien au juge Kavanaugh, il a de nouveau loué les vertus d’un homme de « grande qualité ».

Il a aussi attaqué l’avocat de Mme Swetnick — qui défend déjà l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels engagée dans une bataille judiciaire avec Donald Trump. Michael Avenatti est, selon lui, « un avocat de bas étage », un « minable », uniquement « bon à porter de fausses accusations ».

De leur côté, les démocrates ont exigé mercredi une enquête du FBI et demandé la suspension du processus de confirmation de Brett Kavanaugh, dont la candidature doit être approuvée par le Sénat.

Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a même demandé que le magistrat retire sa candidature.

Un buveur

Julie Swetnick explique dans sa déclaration avoir participé à une dizaine de fêtes dans la région de Washington entre 1981 et 1983 où se trouvaient aussi Brett Kavanaugh et un de ses camarades, Mark Judge, déjà cité par la première accusatrice.

« À plusieurs reprises lors de ces fêtes, j’ai vu Mark Judge et Brett Kavanaugh boire de manière excessive et avoir un comportement totalement inapproprié, notamment en devenant très agressifs avec les filles », écrit-elle, en les accusant notamment d’avoir « caressé et peloté des filles sans leur consentement ».

« Brett Kavanaugh et d’autres tentaient de soûler et de désorienter les filles au point où elles pouvaient être violées en réunion », assure-t-elle encore. « J’ai un souvenir vivace de garçons alignés à l’extérieur des chambres lors de ces soirées, attendant de prendre leur tour avec la fille à l’intérieur. »

« En 1982, j’ai été victime d’un de ces viols collectifs », confie-t-elle, en expliquant avoir été incapable de se défendre, probablement sous l’effet d’une drogue. « Mark Judge et Brett Kavanaugh étaient présents » à la fête, affirme-t-elle sans donner plus de détails.

Sa déclaration a été transmise à la commission judiciaire du Sénat, chargée d’évaluer les candidats à la Cour suprême, par son avocat Michael Avenatti.

Ce nouveau témoignage est intervenu à la veille de l’audition publique au Sénat d’une universitaire de 51 ans, Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par le jeune Kavanaugh lors de leurs années de collège.

Elle affirme qu’avec Mark Judge, il l’a isolée dans une chambre avant de la plaquer sur un lit et de tenter de la déshabiller. Profitant de leur ébriété, elle serait parvenue à fuir.

Également accusé d’avoir exhibé son sexe au nez d’une camarade d’université lors d’une soirée arrosée à Yale, le magistrat nie en bloc.

D’anciens condisciples du candidat de Donald Trump à la Cour suprême ont par ailleurs assuré mercredi qu’il buvait trop dans sa jeunesse.

« Brett était un ivrogne, et je le sais parce que je buvais avec lui », a réagi une de ses anciennes amies, Liz Swisher, citée mercredi par le Washington Post. « Il essaie de se dépeindre comme un enfant de choeur », a renchéri une autre condisciple, Lynne Brookes, « mais on ne peut pas mentir pour entrer à la Cour suprême. »