L’actrice Cynthia Nixon battue par le gouverneur sortant lors de la primaire démocrate à New York

L’actrice de la série «Sex and the City» Cynthia Nixon n’a pas réussi à détrôner le puissant gouverneur de New York Andrew Cuomo.
Photo: Yana Paskova / Getty Images North America / Agence France-Presse L’actrice de la série «Sex and the City» Cynthia Nixon n’a pas réussi à détrôner le puissant gouverneur de New York Andrew Cuomo.

Pari perdu : l’actrice de Sex and the City Cynthia Nixon n’a pas réussi jeudi à détrôner le puissant gouverneur de New York Andrew Cuomo, vainqueur sans surprise de la primaire démocrate qui les opposaient pour diriger cet État de 20 millions d’habitants.
 

Selon les chiffres cités par les médias américains vers 22H15 locales, le gouverneur, en poste depuis 2011, a remporté 66 % des voix des électeurs démocrates, seuls autorisés à voter, contre 34 % à Mme Nixon.
 

M. Cuomo, 60 ans, l’un des gouverneurs les plus actifs face à Donald Trump, est désormais quasi-assuré d’être réélu pour quatre ans supplémentaires lors des élections du 6 novembre qui l’opposeront au Républicain Marc Molinaro, tant New York est un bastion démocrate.
 

Cynthia Nixon, 52 ans, proche politiquement des positions de l’ancien candidat à la présidentielle américaine Bernie Sanders, ouvertement bisexuelle, avait espéré surfer sur la vague anti-élite qui agite le parti démocrate : une vague qui, ces dernières semaines, a vu plusieurs femmes et candidats noirs ou hispaniques, souvent très à gauche, renverser des ténors démocrates, lors de primaires pour le Congrès et dans quelques scrutins pour des postes de gouverneur, notamment en Floride et en Géorgie.
 

Mme Nixon n’a pas immédiatement réagi à l’annonce de sa défaite dans cette élection, qui constituait la dernière grande primaire de cette année électorale.
 

Mais dès avant la fermeture des bureaux de vote à 21h00 locales, elle préparait ses supporteurs à la mauvaise nouvelle, en expliquant dans un long email comme la course avait été inéquitable.
 

Sa défaite avait été largement anticipée par les sondages, même s’ils avaient prédit une victoire encore plus large pour M. Cuomo.


Campagne animée

 

Militante depuis des années pour l’enseignement public et les droits LGBT, Nixon, mère de trois enfants, avait mené une campagne tonique, sillonnant cet État grand comme la Grèce en prônant la légalisation de la marijuana à usage récréatif, la rénovation du métro new-yorkais, la gratuité de l’éducation, la baisse des prix du logement, une assurance-santé financée par l’État et une fiscalité alourdie pour les plus riches.
 

Mais le gouverneur, fils du très respecté et défunt gouverneur Mario Cuomo, avait l’appui de l’appareil du parti comme du New York Times, qui avait appelé à voter pour lui tout en lui faisant de multiples reproches.
 

Véritable bête politique, M. Cuomo avait senti le danger qu’incarnait Mme Nixon, dénonçant les propositions « irréalistes » de sa rivale et son inexpérience à gérer un État au budget annuel de quelque 170 milliards de dollars.
 

Avec les quelque 30 millions de dollars dont il disposait pour faire campagne, Andrew Cuomo avait multiplié les spots télévisés ces dernières semaines.
 

Cynthia Nixon, qui n’a cessé de dénoncer la connivence entre M. Cuomo et les financiers de Wall Street, a elle multiplié les déplacements de terrain et comptait avant tout sur les réseaux sociaux pour relayer son message.
 

La bataille avait ces derniers jours tourné au vinaigre, après que le parti démocrate new-yorkais contrôlé par M. Cuomo eut diffusé des tracts accusant Nixon d’indifférence face à l’antisémitisme, alors même qu’elle élève les deux enfants de son premier mariage dans la tradition juive.
 

Mme Nixon avait accusé M. Cuomo d’avoir personnellement approuvé ce coup bas. Le gouverneur avait démenti, sans convaincre.
 

Reste à savoir quelles seront les priorités de M. Cuomo pour ce troisième mandat.
 

Dans son éditorial soutenant le gouverneur sortant, le New York Times appelait le sexagénaire, en cas de réélection, à tenir enfin ses promesses passées, en s’attaquant à la corruption endémique à Albany, la capitale de l’État, et au vaste chantier de rénovation du défaillant métro new-yorkais, dont il a officiellement la charge.
 

« Il peut être un gouverneur très capable », soulignait le journal, quand « il ne se laisse pas distraire par des inimitiés mesquines ».
 

Son nom est aussi régulièrement évoqué parmi les candidats possibles à une investiture démocrate pour la présidentielle 2020.
 

Lors de son débat télévisé avec Mme Nixon fin août, le gouverneur avait assuré qu’il ne serait pas candidat et resterait gouverneur jusqu’au bout de son mandat, fin 2022.


Mais comme l’ont fait observer plusieurs analystes, rien ne l’empêcherait de revenir sur cette déclaration le moment venu…