Donald Trump demande à la justice de traquer la taupe de la Maison-Blanche

Donald Trump a pris part à n rassemblement partisan au Montana.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Donald Trump a pris part à n rassemblement partisan au Montana.

Donald Trump ne décolère pas après les révélations sur un prétendu chaos à la Maison-Blanche et il souhaite désormais que la justice enquête sur le haut responsable qui, dans une tribune anonyme, a dénoncé son incompétence et dit appartenir à une « résistance » silencieuse au sein de l’administration.

Le président américain vient de subir un double affront avec la publication à 24 heures d’intervalle de ce texte assassin et celle d’extraits d’un livre tout aussi dévastateur du célèbre journaliste Bob Woodward, à l’origine de l’affaire du Watergate qui a fait tomber Richard Nixon.

Tous deux décrivent un homme incapable de saisir les enjeux de la présidence et que ses collaborateurs tentent de contourner pour éviter un désastre.

Le secrétaire à la Justice Jeff Sessions « devrait enquêter » pour découvrir « qui est l’auteur de cette tribune, parce que je crois vraiment que c’est une question de sécurité nationale », a lancé le président républicain dans son avion Air Force One lors d’un déplacement entre les États du Montana et du Dakota du Nord.

Quelques heures plus tôt, dans un tweet matinal, c’est au livre de Bob Woodward qu’il s’en était pris, le qualifiant d’« escroquerie ».

« Je ne parle pas de la façon dont je suis cité. Si c’était le cas, je n’aurais pas été élu président », a tempêté le président américain dans son tweet matinal, accusant Bob Woodward d’utiliser tous les moyens possibles pour « dénigrer et rabaisser ».

   

La question de la véracité des citations rapportées par ce dernier est évidemment un débat crucial pour évaluer la crédibilité de l’ouvrage.

Ce dernier rapporte par exemple les propos du secrétaire général de la Maison-Blanche, John Kelly, qui aurait qualifié le président septuagénaire « d’idiot », jugeant qu’il était « inutile d’essayer de le convaincre de quoi que ce soit ».

Or, sur ce thème, Donald Trump a été pris à défaut sur un exemple concret.

En début de semaine, il assurait ainsi n’avoir jamais qualifié, comme le soutient le livre, son secrétaire à la Justice Jeff Sessions, de « retardé » et d’« abruti du Sud ».

Il ajoutait, à l’appui de sa démonstration, n’avoir jamais utilisé le mot « retardé » à l’encontre de qui que ce soit.

Or plusieurs enregistrements ont rapidement refait surface montrant qu’il avait en réalité prononcé le vocable à plusieurs reprises par le passé, en particulier pour décrire un journaliste qui avait émis des doutes sur ses talents d’homme d’affaires.

La crise dans laquelle est plongée la Maison-Blanche inquiète les républicains à l’approche des élections législatives de novembre dans lesquelles ils redoutent de perdre la majorité à la Chambre des représentants.

Conscient des enjeux, Donald Trump multiplie les déplacements sur le terrain, même si l’impact de sa montée en première ligne peut être à double tranchant.

Une éventuelle destitution ?

Jeudi soir, à Billings, dans le Montana, il a lui-même évoqué la question de son éventuelle destitution (« impeachment »), pour tenter de galvaniser sa base électorale à l’approche du scrutin.

« Ils aiment utiliser le mot destitution », a-t-il ironisé, alors même que ses adversaires démocrates restent très prudents sur ce thème sachant que l’argument peut être contre-productif.

« Comment pouvez-vous réclamer la destitution de quelqu’un qui fait un excellent boulot, qui n’a rien fait de mal ? Notre économie est bonne. Mais comment pouvez-vous faire ça ? » a-t-il lancé.

Les chiffres publiés vendredi matin devraient, à cet égard, lui donner de quoi se réjouir.

L’économie américaine a continué à embaucher fortement en août, dépassant les attentes des analystes, le taux de chômage se maintenant à 3,9 %.

Pour l’heure, le mystère qui entoure le « haut responsable de l’administration » qui a rédigé la tribune anonyme et assassine publiée dans le New York Times reste entier.

« Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump », y affirme le responsable qui raconte comment lui et d’autres s’efforcent de lutter de l’intérieur contre les « pires penchants » d’un président au leadership « mesquin », « impétueux » et « inefficace ».

Le style, la référence à tel événement ou tel individu : le moindre indice est décortiqué pour tenter de l’identifier.

Selon le quotidien, la Maison-Blanche a établi une liste de 12 suspects potentiels tandis que dans un étonnant ballet, ministres, conseillers et proches du président se sont succédé dans les médias pour nier en être l’auteur.

Fait notable : Donald Trump, qui ne rate jamais une occasion de dénoncer le travail des journalistes, régulièrement qualifiés d’« ennemis du peuple », a encouragé ces derniers à redoubler d’efforts dans leurs investigations.

« Ce serait une bonne primeur ! » a-t-il lâché.