Condamnation sans précédent de Trump par d’ex-patrons de la CIA

L’ancien patron de la CIA John Brennan
Photo: Mark Wilson Archives Getty Images / AFP L’ancien patron de la CIA John Brennan

D’anciens patrons de l’agence de renseignement américaine CIA ainsi qu’une demi-douzaine d’espions de haut rang sont à l’origine d’une condamnation sans précédent du président Donald Trump après sa décision de retirer l’habilitation secret défense de John Brennan.

Ces anciens responsables de la CIA — dont Robert Gates, George Tenet, Porter Goss, Leon Panetta, David Petraeus —, nommés par des présidents républicains comme démocrates, ont dénoncé cette décision présidentielle dans un communiqué.

« L’action du président concernant [l’ancien patron de la CIA] John Brennan et les menaces d’une action similaire contre d’autres anciens responsables n’a rien à voir avec qui devrait ou ne devrait pas avoir une habilitation secret défense — et tout à voir avec une tentative d’étouffer la liberté d’expression », ont-ils écrit, évoquant la décision de M. Trump concernant le dernier directeur de la CIA du mandat de Barack Obama.

Qualifiant la décision du milliardaire républicain d’« inappropriée et extrêmement regrettable », ils ont ajouté : « Nous n’avons jamais vu auparavant l’octroi ou le retrait d’habilitations secret défense être utilisés comme un instrument politique, à l’instar de ce qui a été fait dans ce cas-là. »

Nous n’avons jamais vu auparavant l’octroi ou le retrait d’habilitations secret défense être utilisés comme un instrument politique, à l’instar de ce qui a été fait dans ce cas-là

D’anciens hauts responsables conservent souvent leur habilitation secret défense après avoir quitté leurs fonctions afin que leurs successeurs notamment puissent les consulter sur certains sujets épineux.

La Maison-Blanche a expliqué que M. Brennan, critique notoire du président, avait été privé de cette habilitation à cause des « risques que font courir la conduite et le comportement erratiques » de l’ancien chef de la CIA.

Mais le président a reconnu par la suite que ce retrait était dû aux critiques et aux commentaires de John Brennan concernant les relations entre son équipede campagne pour l’élection présidentielle de 2016 et la Russie. Il a indiqué au Wall Street Journal que sa décision était liée à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion entre sa campagne et Moscou.

Le retrait de cette habilitation secret défense à M. Brennan a été très critiqué, y compris par le très respecté amiral à la retraite William McRaven, qui avait notamment supervisé le raid contre Oussama ben Laden.

« Par votre comportement, vous nous avez embarrassés aux yeux de nos enfants, humiliés sur la scène internationale et, pire que tout, vous avez divisé notre nation », a-t-il écrit dans une lettre ouverte au président publiée par le Washington Post.

« Par conséquent, je considérerais comme un honneur que vous révoquiez aussi ma propre habilitation secret défense, de façon à ce que je puisse ajouter mon nom à la liste des hommes et des femmes qui ont critiqué votre présidence », a-t-il ajouté.

Mais la plupart des alliés républicains de Donald Trump ont soutenu sa démarche ou ont refusé de la condamner publiquement.

Vendredi matin, le président a indiqué qu’il allait probablement retirer l’habilitation de Bruce Ohr, un responsable du ministère de la Justice.

Ce dernier est pris pour cible par des partisans de M. Trump notamment parce que son épouse travaille pour une société ayant produit un dossier affirmant que la Russie détenait des informations compromettantes contre l’ex-magnat de l’immobilier.

Trump ira à Paris le 11 novembre

Visiblement irrité de devoir renoncer au grand défilé militaire qu’il souhaitait organiser à Washington, Donald Trump a annoncé vendredi qu’il se rendrait finalement à Paris en novembre pour les commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale, tout en fustigeant les autorités de la capitale américaine. « Les politiciens locaux qui dirigent (mal) Washington flairent l’aubaine quand ils en voient une. Quand on leur a demandé de nous chiffrer un prix pour la tenue d’un grand défilé militaire de célébration, ils voulaient un montant si ridiculement élevé que je l’ai annulé », a écrit le président américain sur Twitter. « Peut-être ferons-nous quelque chose l’année prochaine à Washington quand le prix aura NETTEMENT BAISSÉ. Maintenant, nous pouvons acheter quelques avions de chasse de plus ! »