Trump révoque l’habilitation secret défense de l’ex-chef de la CIA

L'ancien patron de la CIA de 2013 à 2017 John Brennan lors de son témoignage devant le Congrès américain, en mai 2017
Photo: Saul Loeb Archives Agence France-Presse L'ancien patron de la CIA de 2013 à 2017 John Brennan lors de son témoignage devant le Congrès américain, en mai 2017

Le président américain, Donald Trump, a révoqué l’habilitation secret défense de l’ancien chef de la CIA John Brennan, un ex-proche conseiller du président démocrate Barack Obama fréquemment critique du milliardaire républicain.

Cette habilitation, dont la révocation a été annoncée mercredi par la porte-parole de l’exécutif, Sarah Sanders, donne aux hauts responsables qui en bénéficient accès à des informations critiques et confidentielles, même après avoir cessé leurs fonctions.

Mme Sanders a lu un communiqué de M. Trump dans lequel il justifiait sa décision par « les risques faisant courir la conduite et le comportement erratiques » de John Brennan.

« Historiquement, les anciens chefs du renseignement et des agences de sécurité étaient autorisés à conserver un accès aux informations classées secret défense », a-t-elle rappelé, soulignant que cette tradition est désormais remise en cause.

« M. Brennan a des antécédents qui jettent un doute sur son objectivité et sa crédibilité », a assuré Mme Sanders.

John Brennan a réagi en évoquant une décision « faisant partie d’une volonté plus large de supprimer la liberté d’expression et de punir les critiques ».

L’ancien patron de la CIA a condamné un « abus de pouvoir » du président américain.

« Si les habilitations secret défense venaient à devenir un outil politique dans les mains d’individus comme M. Trump, cela enverrait je pense un message très inquiétant aux membres actuels du gouvernement, peut-être aux anciens responsables qui bénéficient toujours de leur habilitation, ainsi qu’à la prochaine génération de professionnels du renseignement et de la sécurité nationale », a-t-il déclaré sur MSNBC.

Diversion

Avec ces annonces mercredi, la Maison-Blanche a peut-être tenté de faire diversion, le président étant empêtré dans une polémique déclenchée par une ancienne conseillère en relations publiques, Omarosa Manigault-Newman, qui a dressé ces derniers jours le portrait acide d’un Donald Trump « raciste » et « misogyne ».

Le sénateur démocrate Mark Warner a ainsi dénoncé une stratégie de « détournement de l’attention » doublée d’un « dangereux précédent » visant à punir les personnes critiques du président.

Ancien patron de la CIA de 2013 à 2017, John Brennan reste une voix respectée sur l’échiquier politique américain, se montrant en même temps peu avare en critiques de M. Trump.

Le mois dernier, il avait éreinté le locataire de la Maison-Blanche après sa rencontre à Helsinki avec son homologue russe, Vladimir Poutine, au cours de laquelle le milliardaire américain avait adopté une posture conciliante vis-à-vis du maître du Kremlin.

L’ex-chef de campagne de Trump, Paul Manafort, menteur invétéré ou professionnel trahi ?

Alexandria  — Menteur invétéré aux millions de dollars cachés au fisc ou consultant politique honorable trompé par un proche? Accusation et défense ont dépeint mercredi deux visages bien différents de l’ex-chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, lors des déclarations finales. «M. Manafort a menti pour garder son argent quand il en avait, puis M. Manafort a menti pour obtenir de l’argent quand il n’en avait plus», a martelé le procureur Greg Andres, à propos des millions de dollars tirés principalement de ses activités de conseil auprès de l’ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou. Au tribunal d’Alexandria, près de Washington, la défense a contre-attaqué en tentant de convaincre les douze jurés que le dossier de l’accusation est chancelant. Les avocats ont laissé entendre que les enquêteurs s’étaient acharnés sur leur client sous les ordres du «procureur spécial» Robert Mueller, honni du président américain.